Commission Economie: les auditions

    Bonjour à tous. C'est parti pour cette folle journée d'auditions sur le dossier "pénurie d'électricité".
    Pour rappel, voici le programme. Seront entendus :
    - Le Bureau du Plan
    - Elia (le gestionnaire de réseau en charge de l'équilibre)
    - Electrabel
    - La Creg (le réguateur fédéral)
    - L'Agence de contrôle nucléaire
    Notez que le député Jean-Marc Nollet (Ecolo) propose dès le départ que les députés posent leurs questions, et que les intervenants y répondent directement. Avant de passer au député suivant. Cette formule serait sans doute beaucoup plus efficace que la semaine dernière. Et la Commission Economie semble d'accord sur le principe. Mais on démarre par les 4 premières présentations des intervenants (l'AFCN, ce sera pour 14h15).
    Le Bureau du Plan fait une démonstration sur base d'un calcul déterministe. Si l'on part du principe que la Belgique peut disposer de 4.500 MW d'importation, le risque de pénurie est assez limité. Mais si nos voisins sont moins disponibles, les choses se compliquent méchamment. Si l'on passe à 3.500 MW d'importation, le risque de pénurie grimpe, en novembre, à 110 heures. Et avec 2.500 MW d'importation, on monte à 315h de risque de pénurie, selon le Bureau.
    Et si l'on se met dans les conditions d'importation de novembre 2016 (en prenant les chiffres de l'époque), il risque bien d'y avoir un problème en novembre, synthétise le plan. Mais, pour octobre, ça devrait passer.
    On passe à l'exposé -très attendu- du patron d'Elia, Chris Peeters (à ne pas confondre avec le Vice-Premier ministre). Il démarre par un petit recadrage. "Certains ont dit que l'ont communiquait peu. Elia joue un rôle de conseil auprès de la ministre, et c'est à elle que revient la primeur de communiquer"
    Elia a, une nouvelle fois, fait tourner son modèle probabiliste. En tenant compte, cette fois, de l'anticipation de l'entretien de Tihange 1. Hier, dans un document révélé par Le Soir, il manquait entre 1.000 et 1.200 MW. Désormais, Elia affirme qu'il manque entre 700 et 900 MW pour passer l'hiver à l'abri de tout délestage (sans préciser à combien d'heures de pénurie cela correspond). Des chiffres qui restent importants. Mais qui ne semblent plus trop tracasser Elia, dont le discours a (assez radicalement) changé. 
    Mercredi dernier, Elia écrivait. "La sécurité d’approvisionnement n’est pas garantie pour le mois de novembre. Pour le moment, Elia ne voit pas suffisamment de solutions qui pourraient résoudre complètement le problème d'adéquation. C’est pourquoi, même si le marché belge et international nous fournissent toute la capacité disponible (production, demande et import), nous ne pouvons aujourd’hui pas exclure d'activer le plan de délestage".
    Aujourd'hui, dans un communiqué qui vient de tomber, Elia affirme : "Les 750 MW annoncés grâce aux mesures supplémentaires et l'avancement du programme de maintenance de Tihange 1 ne suffisent pas encore pour respecter les critères légaux de sécurité d'approvisionnement mais permettant de réduire signiicativement le risque de délestage".
    Chris Peeters, CEO d'Elia, se veut plutôt rassurant, en soulignant tout de même une "situation sans précédent". Exemple : "L'évolution est très favorable pour le mois de novembre. Même si on n'atteint pas les critères légaux en termes de sécurité d'approvisionnement. Et qu'il reste un risque de pénurie".
    Elia aurait reçu des garanties de la part de nos voisins français. "La situation en France a d'importantes répercussions sur le marché belge. Mais le gestionnaire de réseau français a fait une simulation. Les nouvelles sont positives. Pour un hiver qui revient une fois tous les dix ans, la France devrait avoir une capacité disponible de 1.000 MW d'exportation pour novembre et décembre. C'est un élément important dans l'amélioration de la situation", dixit Elia. 
    Conclusion du CEO : "La situation était sérieuse. Des actions ont été prise pour faire en sorte que les risques puissent être réduits. On se concentre aujourd'hu principalement sur les premières semaines de novembre. Il faudra néanmoins, semaine après semaine, assurer le monitoring de la situation". On le répète, on a le sentiment que des consignes (politiques) ont été données pour éviter les discours trop alamristes.
    Elia confirme également que la task-force spéciale pénurie "étudie la possibilité de faire revenir à partir de janvier en toute sécurité une des unités nucléaires, dont l'indisponibilité a été prolongée au-delà de l'hiver (soit Tihange 2 ou TIhange 3)". Il va y avoir un arbitrage à faire entre les questions de sécurité d'approvisionnement et celles de sûreté. Et une pression maximale sur l'Agence de contrôle nucléaire, garante de la sûreté, qui a imposé l'arrêt de ces deux réacteurs (pour cause de béton qui s'effritte dans le bunker). Et dont il faut absolument obtenir le feu vert avant tout redémarrage.
    Rien de nouveau, les centrale Nucléaire on été construite pour un certain temps, elles sont en bout de vie et ce n'est pas le fait de les prolongé légalement qui permettra techniquement de pouvoir continuer a les exploiter. Des 2005 il fallait avoir un plan de reconversion de nos vielles centrales. Nous sommes en 2018 et il n'y a aucune centrale électrique en construction ni même en projet, on est peut être parti pour une décennie de panne de courant en hiver. On a décider de sortir du nucléaire, c'est un bon choix, mais il fallait aussi avoir un plan de reconversion, et visiblement le gouvernement actuel semble vouloir prolonger a tout prix des centrales a bout de souffle, plutôt que préparer sereinement la sortie du nucléaire.

    -Michael
    Au tour d'Electrabel. Thierry Saegeman, chef du nucléaire, est au micro. Drôle : il montre lui-même à quel point les dates d'indisponibilité fournies au marché par sa société sont peu fiables, lorsqu'un réacteur est à l'arrêt pour cause de sûreté. Pour le récent arrêt de Doel 3, Electrabel souligne qu'il a changé à 5 reprises la date du retour sur le marché de l'unité. En prolongeant toujours l'indisponibilité. Comprenez : il ne faut donc pas prendre pour parole d'évangile les dates de retour des réacteurs aujourd'hui à l'arrêt pour raison de sûreté (Doel 1, Doel 2, Doel 4, TIhange 2 et Tihange 3). Ce qu'Elia a fait, dans ses estimations du mois d'août.
    Thierry Saegeman recadre une attaque (un brin grotesque) lancée par les socialistes flamands ce week-end. Il est complètement faux, voir absurde, de dire qu'Electrabel tire un bénéfice de la situation. Nous serions la première usine au monde à gagner de l'argent alors que nos usines sont à l'arrêt".
    Electrabel confirme que l'indisponibilité massive du parc nucléaire belge "a entraîné une légère augmentaion des prix par rapport à nos voisins". Mais, selon Electrabel, la majeure partie de la hausse des prix actuelle est due à une hausse du prix du charbon, du prix du gaz, et du CO2. Une hausse généralisée, qui concerne également nos voisins.
    Tiens. Surprise surprise. Voilà que le régulateur (la Creg) se met à cogner (fortement) sur... le gestionnaire de réseau Elia. Dont il doute des calculs. "Il y a un manque de transparence dans le modèle de calcul d'Elia", entame Andreas Tirez (Creg). "Nous n'avons aucune information en ce qui concerne la capacité d'interconnexion dont ils tiennent compte dans ce modèle".
    Et le régulateur en remet une couche. "On nous dit aujourd'hui qu'il n'y aura une pénurie en novembre que si la France est importatrice d'électricité. Ca aurait pu être une information importante à communiquer au marché plus tôt", relance M. Tirez. "Les résultats d'Elia ne sont pas cohérents avec les résultats de marché. Depuis le 1er août, on constate sur le marché que la Belgique s'attend à une pénurie en novembre (car les prix montent en flèche). En revanche, sur base des prix de marché français, on aurait pu conclure que la France ne s'attendait pas à ce risque". Comprenez : on aurait pu déduire que la France serait exportatrice d'électricité, ce qui pourrait régler une bonne partie de nos problèmes d'approvisionnement.
    "Nous voulons avoir accès à ce modèle d'Elia", martèle la Creg. Ambiance entre le régulateur et la société qu'il régule.
    Ceci relance d'ailleurs le débat sur le rôle d'Elia dans ce dossier. Pourquoi cette société cotée en Bourse, qui n'est pas un acteur indépendant du secteur, a-t-elle les clés du modèle de calcul sur la sécurité d'approvisionnement. Question qui s'était déjà posée en 2014. #PostPrecedent
    Sur la question des prix, le régulateur confirme que cela aura un effet sur la facture. Mais difficile à chiffrer. "Tout dépend de la durée pendant lesquels les prix seront élevés", lance Laurent Jacquet (Creg). Autrement dit : tout dépend de la durée de l'indisponibilité des réacteurs nucléaires.
    Cet impact diffère fortement d'un client à l'autre, selon son type de contrat, relance la Creg. "Plus de 60% des ménages ont un contrat fixe. Et 70% des PME. Ceux-là sont protégés par leur contrat jusqu'à son échéance. Et on leur recommande de ne pas changer de produit pour l'instant", poursuit M. Jacquet. Ce sont les ménages qui ont opté pour un tarif variable qui risquent de voir passer l'augmentation des prix sur leur facture très rapidement.
    Le problème est évidemment que les projections d'indisponibilité ne sont pas fiables alors qu'un plan d'actions concerté avec l'AFCN permettrait au marché d'y voir plus clair.Maintenant, la libéralisation du marché commence à être à maturité avec les interconnexions et il serait peut-être temps de revoir sa gouvernance, sans doute au niveau européen.

    -Vincent
    On passe aux questions des députés. Chaque député a trois minutes pour interroger un intervenant. Puis l'on passera aux réponses. Pas de grosse question adressé au Bureau du Plan. On passe donc à Elia. Nettement plus sollicité.
    Tiens. Drôle de question de la part du député MR Benoit Friart. Il démarre : "Elia ne doit pas chercher à se disculper" sur la sécurité d'approvisionnement. Le libéral semble même remettre en cause les récents investissements dans les interconnexions. "Est-ce qu'il ne faudrait pas plutôt investir dans de nouvelles capacités de production que dans des capacités d'interconnexions?", lance le député MR. On voit mal Elia répondre qu'il faut abandonner les interconnexions. Ils y investissent massivement et veulent continuer à le faire. (et se rémunèrent grâce à ces investissements).
    Réponse de Chris Peeters (Elia) à Benoit Friart (MR). "Non, Elia n'est pas responsable de la sécurité d'approvisionnement du pays. Elia est responsable de l’équilibre du réseau dans le cadre des moyens mis à sa disposition. Voilà ce que nous précise le règlement technique".
    Sur les interconnexions, le patron du réseau ajoute que "les interconnexions permettent d'augmenter la convergence des prix sur le marché. Mais cela ne remplacera pas les capacités à construire dans le pays pour assurer la sécurité d'approvisionnement". Dans une récente étude, Elia parlait de 3,6 GW de nouvelles centrales au gaz nécessaires.
    Quant aux critiques de la Creg, le patron d'Elia contre-attaque. "Nous n'avons pas besoin d'un professeur de magie (leraartovenaar en néerlandais, NDLR) qui vient nous donner des leçons". C'est l'ambiance, entre régulé et régulateur...
    Voir la remarque de Michael de 11h24. C'est ça le plus important. S'il n'est pas certain que les nouvelles centrales aux gaz promises par Madame Marghem ne puissent entrer en service entre 2023 et 2025, alors il faut tout de suite le dire et changer la stratégie de fermeture des unités nucléaires, et/ou augmenter les interconnexions avec les pays voisins. Sinon, c'est la pénurie d'électricité assurée. Comment peut-on en être là en 2018 alors que la sortie du nucléaire est dans la loi depuis si longtemps. La confiance des citoyens dans tout gouvernement au pouvoir est engagée.

    -Bertrand
    Conclusion du député Jean-Marc Nollet. "Tout est basé sur la fiabilité des informations fournies au marché par Electrabel. Il est là le problème". Il y a en effet un vrai problème. Tout le monde compte sur des informations que l'exploitant Electrabel, lui-même, juge indicatives. Il y a, très certainement, des améliorations possibles au système actuel.
    Il y a tout de même une question à laquelle le patron d'Elia n'a pas répondu : pourquoi, dans ses hypothèses du mois d'août, Elia n'a-t-elle tenu compte (dans son scénario catastrophe) 'que' de la perte de 1 GW de nucléaire. Alors que, par le passé, ce scénario prévoyait au minimum 2 GW de marge. Soit le double...
    Nouvel épisode dans la série "c'est pas moi, c'est l'autre". Le patron d'Elia a martelé, durant son speech, qu'il ne pouvait pas prévoir une telle indisponibilité du parc nucléaire, se basant sur le planning indicatif fourni par Electrabel. Mais le directeur nucléaire d'Electrabel a une toute autre version des faits. "Non, nous n'avons pas failli dans notre communication. En juin, on savait déjà qu'à part deux unités, toutes les autres seraient OUT avec un retour fin octobre. Sachant que toute la presse avait relaté les problèmes, et que l'AFCN avait déjà publié qu'il ne s'agissait pas d'un petit problème auquel nous devions faire face, sur le béton. En tant que citoyen, je me pose la question : dans les modèles (de calcul d'Elia, qui évaluent le risque de pénurie, NDLR), est-ce qu'on ne devait pas prendre ça en compte?"
    Thierry Saegeman revient sur les propos de la ministre Marghem, qui a annoncé étudier juridiquement la faisabilité de faire payer le surcoût engendré par la hausse des prix de marché à Electrabel. A la place des ménages (ce qui ressemble méchamment à des propos de campagne électorale).
    L'énergéticien répond. "Demain, on va dire que s'il n'y a plus de vent ou plus de soleil, c'est Electrabel qui devra indemniser les gens? Nous ne pouvons pas être responsable de tout. Il y a d'autres fournisseurs en Belgique. Il faut arrêter de polémiquer. La situation est assez alarmiste, il faut que les techniciens puissent se concentrer pour faire en sorte que toutes les solutions soient mises en oeuvre le plus rapidement possible".
    par Xavier Counasse (Le Soir) édité par Le Soir 10/2/2018 12:24:25 PM
    A la question de savoir pourquoi Electrabel a attendu si longtemps avant d'annoncer l'allongement de l'indisponibilité de Tihange 3, Thierry Saegeman répond. "Nous avons découvert que les murs sont également atteints (par les problèmes de béton), à Tihange 3 (donc pas seulement le plafond). Nous nous en sommes rendus compte très tard. Il faut donc aller plus loin dans ces rénovations-là"
    Voilà pour la (longue) matinée d'auditions. On reprend dans quelques minutes avec la dernière audition du jour : celle du nouveau patron de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire : Frank Hardeman.
    La grande différence est que, contrairement aux intermittences propres au renouvelable, dans le cadre d'un outil de production d'électricité comme une centrale, la responsabilité des producteurs est grande car ils doivent gérer l'outil au quotidien en bon père de famille, veiller à sa maintenance et établir des plans d'actions dans ce sens pour permettre un haut taux de disponibilité. C'est le principe d'une politique industrielle. Il est dommage de devoir arriver à ce stade pour s'en rendre compte.

    -Vincent
    C'est vraiment du grand n'importe quoi à la belge ...Les responsables des infrastructures nucléaires sont les seuls en causent et devraient être les seuls à payer la facture ... Mais en belgique la bonne gestion de notre pauvre pays fait que non ... "On a pas fais notre boulot..., ce n'est pas grave on va faire payer les citoyens" ... Comment peut on laisser faire ... Nous sommes dirigé par des comiques ... C'est révoltant de payer les pots cassé des autres. Les sociétés responsable de la gestion des centrales devaient aussi être responsables de l'entretiens, ils ne l'ont pas fais ... Donc nous allons payer ... ce pays me dégoutte de plus en plus ... Ils ne faut pas s'étonner que les pensionnées partent vivre dans un autre pays ... La BELGIQUE fonce dans le mur et tout le monde s'en fou ...

    -RObert
    C'est clairement Engie qui est responsable de ce problème. Engie et... la privatisation sauvage de l'énergie voulue par Reynders, l'Europe et la religion libérale dominante.Non content de rappatrier tous les bénéfices d'Electrabel en France, Engie spécule sur le prix de l'électricité en révélant, comme par hasard, un défaut supplémentaire allant entraîner un déficit d'approvisionnement. Privatisation aidant, le prix de cette énergie augmente. Tout bénef pour Engie qui va pouvoir encore plus s'engraisser sur le dos des belges. Vive la religion libérale !

    -Roger Lhoest
    Frank Hardeman démarre son petit tour d'horizon des problèmes des centrales nucléaires en Belgique. Tel un guide touristique. A Doel 1, il y a une eu petite fuite dans la tuyauterie, à Doel 2,... 
    Tout le détail se trouve ici :

    Le chemin de croix des centrales nucléaires se poursuit

    Le Soir PlusUne dégradation du béton a été découverte dans le plafond du bunker aussi bien à Doel 4 qu’à Tihange 2. Bilan : cinq des sept réacteurs nucléaires belges sont en ce moment à l’arrêt. Tous pour cause de problèmes techniques. Les galères se multiplient pour l’exploitant Electrabel.
    Petit zoom sur le cas de Tihange 3. On entend de plus en plus circuler l'hypothèse d'un redémarrage anticipé de ce réacteur, pour éloigner le spectre de la pénurie. Un réacteur qui est pourtant à l'arrêt pour des raisons de sûreté, et dont le redémarrage est dans les mains du gendarme nucléaire. Et que dit-il, justement, ce gendarme ? "Les dégradations nécesitent une réparation du plafond du bunker. Mais la non-conformité du placement des armatures nécessite également de démontrer que ce toit permet toujours de remplir sa fonction (résister à la chute d'un avion). A ce jour, il n’y a pas de décision définitive, ni d’accord sur les réparations à réaliser". On voit mal comment l'AFCN pourrait donner son feu vert à un redémarrage dans ces conditions. A moins de céder à des pressions politiques...
    La question principale à laquelle l'AFCN va devoir répondre : comment expliquer qu'elle n'a pas vu les défauts du béton plus tôt. Alors qu'en novembre 2016, des photos du béton dégradé existaient déjà.
    Dans sa présentation, en introduction, Frank Hardeman, patron de l'Agence nucléaire, a reconnu que l'évaluation de la dégradation du béton a été négligée. "La problématique du béton a été sous-estimée. Et la maintenance a été assez superficielle", lance l'AFCN. Qui assure tout de même que l'exploitant a désormais décidé de traiter le problème de manière "proactive".
    Le patron de l'Agence de contrôle nucléaire a-t-il déjà subi des pressions pour relancer Tihange 3 ? "Je n’ai jamais subi la moindre pression de qui que ce soit depuis que j'ai pris mes fonctions, dans des dossiers de sûreté nucléaire. Et j'espère que je pourrai vous répéter cela aussi franchement dans le futur".
    Le député Nollet demande à l'Agence de sortir du bois lorsque les informations fournies par Electrabel au marché ne sont pas crédibles. Lorsque l'Agence sait que les dates de redémarrage annoncées par Electrabel ne tiennent pas la route, en somme. Réponse du gendarme : "Nous ne pouvons pas commenter les estimations fournies par l'exploitant. Ce n’est pas notre rôle, nous ne sommes mandatés pour cela. Et il me semble que ce n'est pas un rôle qui doit être assumé par un régulateur nucléaire".
    Mais il y a tout de même un problème dans le système. Pour savoir quand un réacteur nucléaire à l'arrêt reviendra sur le marché, et mesurer l'impact sur la sécurité d'approvisionnement, la ministre Marghem fait confiance à Elia. Elia se base sur les dates indicatives d'Electrabel. Electrabel renvoie vers l'Agence de contrôle nucléaire, qui a le sort du réacteur en main. Et l'AFCN refuse de parler de dates, car ça ne fait pas partie de son rôle... Et à la fin, ça part en sucette.
    Les députés voudraient pouvoir consulter les archives des rapports nucléaires, pour voir depuis quand on inspecte le fameux béton dans les bunkers de Doel et Tihange. Mais le patron demande un délai de...six mois pour fournir cette perspective historique. Car il assure que ses hommes sont débordés sur la gestion quotidienne du dossier. Ca discute sec... Et le président de la sous-commission demande à l'AFCN de faire un petit effort sur le timing. A suivre....
    Voilà voilà. C'est parti un peu dans tous les sens. Mais les auditions sont terminées. En espérant avoir pu vous livrer la substance des débats ! Belle fin de journée.
    Quand on fait des travaux chez vous, vous aimez savoir quand les ouvriers viendront, si vous devez éventuellement déménager et jusqu'à quand les travaux dureront. C'est possible dans tous les secteurs d'activités sauf ici. Pourquoi?

    -Vincent
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