Commission Publifin : l'audition de Nollet et Marcourt

  • Paul Furlan répète sa ligne de défense, pour ceux qui ne l'aurait pas bien comprise. Publifin, "c’est typiquement un problème liégeois dont on a voulu faire un problème wallon". Qui est le "on", questionne Frédéric Gillot (PTB). "Pas de réponse", dixit Furlan.

  • Petit message de Paul Furlan, au passage. "Un certain nombre d’administrateurs ne se rendent pas toujours compte de leur responsabilité. Je vois bien comment le management prend le pas. On est ici (chez Publifin, NDLR) typiquement dans ce cas. Le management s’impose parce qu’il est performant, très correctement rémunéré, tandis que les conseils d'administration sont constitués d’élus qui n’ont peut-être pas toujours les outils nécessaires".

  • Quand cette comédie du chat et de la souris politique s'arrêtera, cela ne fait que lasser de plus en plus les électeurs que nous sommes.

    -marc.de.san@gmail.com
  • @Marc : Cette commission d'enquête a pour but d'identifier les manquements et de rectifier le tir pour éviter un Publifin bis dans le futur. OK, cela est très théorique. Et il y a sans doute pas mal de choses à faire. Mais il faut bien écouter l'ensemble des protagonistes de l'affaire pour tenter de tirer les leçons. Et, pour l'instant, il me semble que les débats au parlement wallon sont d'une bonne tenue, non?
  • Bon bon bon... Ce premier tour de questions/réponses entre Paul Furlan et les députés est plutôt inutile, jusqu'ici. On n'apprend pas grand-chose Certaines questions des députés manquent de précision. L'exposé introductif du ministre Furlan était assez complet. Et on a l'impression que Paul Furlan n'ira pas beaucoup plus loin que ce qu'il a accepté de dire dans son introduction.
  • Stéphane Moreau a affirmé, sous serment lors de son passage en commission d'enquête, avoir rencontré Paul Furlan pour lui exposer son nouveau projet "Nethys", en 2013. Tout comme Jean-Claude Marcourt. Et les deux socialistes auraient approuvé le projet. "Ce qui montre que l'affaire ne se limite pas à Liège", dixit le député Jean-Luc Crucke (MR).
    Mais Paul Furlan n'a apparemment aucun souvenir de cette rencontre. "Je n’en ai pas de souvenir. Si M. Moreau sait produire un procès-verbal, je vous présenterai mes plus plates excuses. Mais je n'ai pas de souvenir de cette rencontre. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas la capacité d'engager à moi seul la responsabilité du gouvernement".
  • Réflexion intéressante de Dimitri Fourny (CDH). Il constate que Claude Parmentier, via son poste de bourgmestre de Wanze, siégeait chez Publifin en juin 2013. A l'époque, il a voté la création des trois comités de secteur et les rémunérations qui vont avec.
    En mai 2015, le même Claude Parmentier se retrouve face à Publifin, grâce à sa casquette de chef de cabinet adjoint de Paul Furlan. Il participe à une réunion sur les nouveaux statuts de Publifin. Des statuts qui ne prévoient plus l'existence de comités de secteur consultatifs.
    Question : pourquoi M. Parmentier n'a-t-il rien dit ? Pourquoi n'a-t-il pas averti son ministre que les comités de secteur consultatifs de Publifin, dont il connait l'existence, n'étaient plus conformes avec les nouveaux statuts de la société, dont il connait aussi l'existence. Bref, le député Fourny épingle la responsabilité de Claude Parmentier. Réponse de Paul Furlan : "Je ne veux pas isoler la responsabilité d'un homme qui a rendu de nombreux services à la Wallonie". On a connu plus convaincant, comme réponse.
  • Et la déclaration fiscale de M Parmentier, elle dit quoi monsieur son contrôleur?

    -henricinoche
  • 30 minutes de pause. La séance reprend vers 18h.
  • Reprise.
  • Question au ministre Furlan sur les mandats "dérivés de dérivés". En 2012, suite à une plainte devant le Conseil d'Etat introduite par Claude Desama (PS), il apparait que les mandats dérivés de dérivés sont considérés comme privés, et échappent donc au plafond de rémunération (150% de l'indemnité parlementaire). En gros, lorsqu'un élu est nommé dans une intercommunale, et que ce même élu est nommé par l'intercommunale dans une autre société, ce mandat "dérivé de dérivé" échappe à tout plafond. C'est une faille du code de la démocratie locale. Et c'est comme cela que des gens comme André Gilles peuvent gagner aujourd'hui plus de 360.000 euros par an.
    Paul Furlan est informé de cette faille en 2012, suite �� l'arrêt du Conseil d'Etat. Le gouvernement wallon aussi. Pourquoi ne s'est-il rien passé? "A l'époque, le cas Desama était un cas isolé, entame Furlan. Je n'allais donc pas légiférer pour un seul cas. Mais, en mars 2015, j'ai demandé à l'administration de me faire des propositions. Ce qu'elle a fait. Il y a ensuite eu des débats au sein du gouvernement wallon. Et je suis arrivé en décembre 2016 sans avoir pu mener à bien ce travail. Je suppose que mon successeur va pouvoir le faire aboutir car nous étions bien avancés", conclut le ministre Furlan. Cinq ans après l'arrêt....
  • Paul Furlan prétend qu'il ne pouvait pas légiférer sur les mandats dits "privés" chez Nethys, car il ne s'agit pas d'une intercommunale. Alors qu'il pouvait le faire pour Claude Desama en Ores. L'argument ne tient pas la route. Car Claude Desama était président d'Ores SCRL, qui n'est pas non plus une intercommunale (l'intercommunale étant Ores Assets).
  • Réponse plutôt légère de Paul Furlan à une question de Stéphane Hazée (Ecolo), sur l'absence de limite salariale chez les gestionnaires de réseau de distribution gaz/élec de droit privé. Le décret électricité, voté en avril 2014 au parlement wallon, offre en effet au gouvernement wallon la possibilité de plafonner les salaires chez les gestionnaires de réseau. Mais le ministre Furlan n'a jamais rien fait depuis. Pourquoi ? "J'aurais pu prendre un arrêté qui limite les rémunérations, peut-être, mais je ne peux pas vous en dire plus". Léger. Très léger.
  • Voilà. C'est déjà fini. Paul Furlan ne répondant à rien de très précis au-delà de son exposé introductif, les députés ont lâché l'affaire. Maintenant, c'est le week-end. Et rendez-vous lundi prochain pour les auditions des deux régulateurs énergétiques : la Creg et la Cwape.
  • Nouvelles auditions dans l'affaire Publifin. On commence par Jean-Marc Nollet (Ecolo), ex ministre wallon de l'Energie. Il est en train de prêter serment. Suivra Jean-Claude Marcourt, actuel ministre wallon de l'Economie (PS).
  • On va beaucoup parler du décret électricité de 2014, dont nous avons fait le récit en long et en large dans nos éditions de lundi. A relire ici : http://plus.lesoir.be/87547/article/2017-03-27/comment-nethys-influence-le-gouvernement-wallon
  • Jean-Marc Nollet commence par une petite formule, histoire de donner le ton. "Electrabel, c’est un état dans l’Etat. Tecteo, c’est une cité dans la cité. Et elle était ardente".
  • L'ex ministre Nollet entame son audition en rappelant que, le 7 mai 2013, il a décidé d'exproprier Tecteo de la commune d'Andenne, à la demande du bourgmestre Claude Eerdekens (PS) - ennemi juré de Stéphane Moreau. "C'est la première grosse décision où je m'opposais fortement à Tecteo", dixit Nollet. C'est exact : cette décision a fait hurler en principauté liégeoise.
    Notons que Jean-Marc Nollet n'est pas passer par le gouvernement wallon pour faire accepter cette décision d'expropriation.
    On voit venir la stratégie du jour de l'Ecolo : il cherche à montrer, pour commencer, qu'il n'a jamais été le grand défenseur de Tecteo.
  • Jean-Marc Nollet fait l'article de son décret électricité d'avril 2014. Il en explique la logique, les contours, les "portes coupe-feu" que l'ex-ministre affirme avoir placé dans son décret pour empêcher que le réseau de gaz et d'électricité liégeois puisse être englouti "dans la boite noire Nethys". "Ai-je obtenu tout ce que je souhaitais ? Non. Ai-je obtenu suffisamment pour protéger les actifs publics (les réseaux gaz/élec) ? Oui, oui, oui. Trois fois oui", dixit Nollet.
    L'exercice est intéressant, mais il faudra sans doute attendre les questions des députés pour en savoir plus. Car ce qui interpelle, c'est le parcours plus que chaotique de ce décret. C'est la façon peu orthodoxe dont deux vagues d'amendements sont tombés du ciel, en commission et en séance plénière. C'est la façon dont Tecteo a voulu anticiper le décret wallon, ce qui semble indiquer que l'intercommunale avait de très bons relais au niveau du gouvernement wallon.
  • Le 20 décembre 2013, Tecteo dépose au greffe du Tribunal de commerce de Liège un projet de transférer les réseaux gaz/élec de l'intercommunale vers la nouvelle structure de droit privé, Nethys. Ceci nécessite un changement des deux décrets wallons, qui n'étaient à l'époque pas officiellement à l''ordre du jour. Jean-Marc Nollet vient d'affirmer qu'à l'époque, il n'avait pas connaissance de ce dépôt de Tecteo, qui a été fait "à son insu". Dont acte.
  • "Je ne voudrais pas terminer cette intervention sans un Powerpoint", ironise Jean-Marc Nollet (en référence aux 398 slides de Stéphane Moreau). L'écologiste présente donc une Powerpoint avec.... une seule diapositive. Cette diapositive illustre que la version finale du décret électricité (Nollet) a cassé le rêve Nethys des Liégeois. Comme nous l'écrivions lundi, ce décret a en effet empêché que les deux réseaux gaz/élec descendent directement dans Nethys. Mais ce décret a imposé la création d'une filiale de Nethys (baptisée Resa), également de droit privé, dans laquelle seront logés les réseaux. Et Tecteo/Publifin s'est ensuite empressé de faire son apport de branches d'activités de l'intercommunale vers Resa.

  • Jean-Marc Nollet insiste : les nombreuses balises qu'il a imposées à Resa sont extrêmement fortes. Il faut reconnaître que ces balises existent : le contrôle renforcé du régulateur, une possibilité pour le gouvernement de plafonner les salaires chez Resa (ce qui n'a jamais été fait),... Mais ce que le décret électricité porté par Jean-Marc Nollet a surtout permis, c'est de faire descendre les réseaux de gaz et d'électricité de l'intercommunale vers Resa, une filiale à 100% de Nethys (sur laquelle la tutelle n'a plus rien à dire). Or Jean-Marc Nollet reconnaît lui-même la "situation problématique dans laquelle Nethys continue à vivre". Son décret a toutefois permis à Nethys de prendre le contrôle de Resa. Et, depuis, Resa a par exemple levé 500 millions d'euros. Pour investir dans les réseaux ? Pas du tout. Cette somme est remontée vers Nethys, et a notamment servi à racheter l'assureur Intégrale.
  • Ca y est. La question tombe, signée Jean-Luc Crucke (MR). "Quel est le rôle joué par Jean-Claude Marcourt (PS) au sein du gouvernement sur ce décret électricité?". Et Jean-Marc Nollet -qui semble presque réjoui à l'idée de vider son sac- entame son explication historique. 
    On vous épargne l'ensemble de la ligne du temps, mais Jean-Marc Nollet est en train de démontrer, étape par étape, à quel point la demande de permettre de changer le statut d'un gestionnaire de réseau (en lui permettant de devenir une SA de droit privé) vient du cabinet du ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt.
    Ca démarre le 21 juin 2012, jour où le chef de cabinet de Jean-Claude Marcourt fait la première fois cette demande. Puis c'est le cabinet Marcourt qui dépose formellement des amendements allant dans ce sens au gouvernement wallon. Des amendements systématiquement recalés par Nollet, Demotte et Antoine. Autrement dit, des amendements qui ne faisaient pas l'unanimité au PS, selon Jean-Marc Nollet.
    L'Ecolo explique encore que c'est Jean-Claude Marcourt qui lui a fait prendre contact avec l'avocat de Tecteo, maître Bourtembourg. Une chose est sûre : le 13 mars 2014, il n'y avait toujours pas d'accord sur ce point au niveau du gouvernement wallon, malgré les nombreuses tentatives de Jean-Claude Marcourt. Ca tombe bien : le ministre de l'Economie sera auditionné tout à l'heure. Ca promet.
  • Petite réflexion au passage. Le ministre Nollet nous explique depuis le départ que ce décret électricité avait pour but de permettre à Tecteo de trouver "des sources alternatives de financement". Pour investir dans les réseaux pour accélérer la transition énergétique.

    Certes, le décret a permis de lever des fonds (500 millions chez Resa). Mais a-t-il permis d'augmenter les investissements dans les réseaux? Pas à notre connaissance. Ces 500 millions ont surtout permis à Tecteo d'investir dans d'autres domaines d'activités...

  • Tiens, Jean-Marc Nollet contredit les propos du directeur financier de Nethys, Pol Heyse, entendu mardi dernier. Pol Heyse affirmait en effet que la demande de modifier le statut des gestionnaires de réseau était une demande commune d'Ores et de Tecteo.

    Jean-Marc Nollet démontre le contraire : la demande est d'abord venue de Tecteo, via Jean-Claude Marcourt, et des gestionnaires de réseau dits 'purs' (Inter-Régies). Mais, dans un second temps, Ores s'est en effet joint à la demande de Tecteo, confirme Nollet.

    Plus grave. Alors que Pol Heyse a déclaré, sous serment, n'avoir jamais de contact avec les hommes politiques, l'ex ministre wallon Jean-Marc Nollet affirme que M. Heyse était présent à son cabinet lors d'une réunion expliquant le projet Nethys le 10 mars 2014.

  • Jean-Marc Nollet en remet une couche. Oui, il a déjà rencontré Pol Heyse, à propos des fameux amendements au décret électricité (pour lesquels Pol Heyse et Tecteo lobbyaient intensément). "J’ai un souvenir de sa présence, très désagréable", dixit Nollet à propos de Heyse. "Il a eu un ton déplacé avec une collaboratrice, au point que mon collègue Marcourt qui était là aussi est intervenu pour calmer le jeu", ajoute l'Ecolo. Apparemment, Pol Heyse venait donc négocier directement des amendements au cabinet Nollet, en présence du ministre Marcourt... 
  • Pour mémoire, Pol Heyse a dit ce mardi, sous serment :  "Je n'étais pas présent à ces réunions politiques. Je ne suis pas politique". Jean-Marc Nollet livre une toute autre version des faits...
  • Jean-Marc Nollet (Ecolo) affirme également que le ministre Marcourt souhaitait, initialement, qu'un gestionnaire de réseau gaz/élec puisse ouvrir son capital à 50% moins une action à un partenaire privé. Au final, après négociations, ce taux sera réduit à 30%.
  • Jean-Marc Nollet livre également son interprétation de la position d'André Antoine, vice-président CDH du gouvernement wallon à l'époque. Au départ, Antoine a buté sur les amendements de Marcourt. Mais, une fois qu'Ores a également signé la demande d'amendements, André Antoine aurait adouci sa position.
    Jean-Marc Nollet ajoute, au passage, qu'il a trouvé un allié à l'époque, pour la fixation de ses fameuses balises, en la personne du secrétaire du gouvernement. A savoir Eric Van Sevenant (PS). Ironie de l'histoire, cet homme est aujourd'hui le chef de cabinet du ministre Jean-Claude Marcourt.
  • Deux grandes conclusions de cette première partie d'audition de Jean-Marc Nollet :
    - Selon l'écologiste, Pol Heyse a raconté des salades mardi dernier en commission d'enquête. Heyse prétendait ne jamais avoir rencontré de politiques. Nollet affirme l'avoir reçu, le 10 mars 2014. Et l'avoir trouvé "désagréable". Ambiance.
    - Si l'on se fie aux déclarations de Monsieur Nollet, le relais des demandes de Tecteo (devenue Publifin) au sein du gouvernement wallon a un nom : Jean-Claude Marcourt.
  • L'élément central du débat autour du décret électricité de 2014, c'est qu'il a permis à l'intercommunale liégeoise Tecteo (aujourd'hui Publifin) de faire descendre ses réseaux gaz/élec dans Resa SA, filiale à 100% de Nethys, société anonyme de droit privé également. Deux filiales indirectes de Publifin dans lesquelles les actionnaires communaux n'ont aujourd'hui plus rien à dire.
    Malgré les balises du ministre Nollet (qui sont clairement une avancée), il faut reconnaître que, si les réseaux étaient aujourd'hui encore logés dans la maison-mère, publique, intercommunale (Publifin), les actionnaires conserveraient un droit de regard et un contrôle nettement plus important sur les dividendes générés par la gestion du réseau. Et sur la circulation des flux financiers. Il "suffirait" donc de revenir en arrière sur le décret électricité, en imposant que les réseaux gaz/élec restent détenus par une personne morale de droit public (comme une interco) pour casser l'organigramme actuel du groupe Publifin/Nethys.
  • "Le sentiment que j'ai, c'est que certains vous ont manipulé pour arriver à leurs fins", entame Frédéric Gillot (PTB). Jean-Marc Nollet n'est absolument pas d'accord. "Leur objectif (à Tecteo, NDLR), c'était de pouvoir mettre Resa dans Nethys. Et de pouvoir gager leur réseau. Aujourd'hui, ils ne peuvent pas gager. Et Resa doit être une filiale protégée de Nethys, avec des portes coupe-feu", dixit l'Ecolo, qui juge qu'il a obtenu une victoire face à Tecteo. Mais Frédéric Gillot croit les Liégeois plus malins que cela. "Ce sont des gens qui jouaient aux échecs et qui avaient déjà prévus trois coups d'avance", ajoute le député PTB.
  • C'est la pause midi. Mais l'audition de Jean-Marc Nollet n'est pas terminée. Elle reprendra à 14h. Et Jean-Claude Marcourt devra attendre... On se retrouve tout à l'heure.
  • C'est reparti ! Il n'y a plus que les députés libéraux qui ont des questions à destinations de Jean-Marc Nollet : Mouyard, Crucke et Maroy.
  • Enfin le nom de Marcourt! Il faut être idiot ou particulièrement naïf pour imaginer que, malgré ses fonctions, il n'ait rien su ni approuvé. Marcourt, le gars qui conçoit depuis toujours le plan Marshall comme une rente à verser dans un puits sans fond.

    -Théo
  • Nous venons à l'instant de recevoir une réaction de Pol Heyse aux propos tenus par Jean-Marc Nollet. Le directeur financier de Nethys confirme qu'il s'est déjà rendu au cabinet Nollet, mais pour des réunions techniques. Pas politiques. "J’ai déclaré à la Commission d’enquête que je n’avais pas participé à des réunions politiques dans le cadre de mes fonctions chez Nethys ; mais j’étais évidemment présent lorsqu’il s’agissait de discuter des dispositions techniques avec le Ministre et les membres de son cabinet. Cette précision me paraît indispensable, certains médias ayant interprété ces éléments comme un mensonge de ma part sous serment. C’est une interprétation totalement erronée, ma fonction m’obligeant évidemment à assister aux réunions techniques relatives aux GRD", écrit M. Heyse. Rappelons que, selon Jean-Marc Nollet, le ministre Marcourt était également présent ce jour-là.
  • Bon, soyons francs : on n'apprend plus grand chose depuis la reprise de l'audition. Le MR cherche à tout prix à relier le dossier de la bulle photovoltaïque wallonne avec celui du décret électricité. Mais sans élément factuel qui permette de prouver le lien réel entre ces deux dossiers.
  • Olivier Maroy (MR) demande, une dernière fois, à Jean-Marc Nollet "qui roulait pour Publifin au sein du gouvernement wallon". L'ex ministre de l'Energie ne cite pas Jean-Claude Marcourt. Mais le vise une nouvelle fois très clairement. "Je reste sur les faits. Il y a des similarités entre ce qui m’est demandé par l’acteur Tecteo et les amendements déposés au gouvernement (par la cabinet Marcourt, NDLR)". Mais Jean-Marc Nollet tempère. "Est-ce que j’ai dit que c’était illégitime ? Non. Je pense qu'un ministre doit être à l’écoute. Ce n’est pas illégitime, pour un ministre, de porter telle ou telle revendication". Nollet conclut : "Il (M. Marcourt, NDLR) n'est pas venu au gouvernement avec un flingue. Je n’ai eu aucune pression physique". Ouf
  • Voilà voilà. Pour Jean-Marc Nollet, l'exercice est terminé. C'est au tour du ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), de témoigner.
  • Changement, très radical, de style avec Jean-Claude Marcourt (PS). Son exposé introductif a duré 1 minute, à tout casser. Il s'est contenté d'assumer clairement son rôle dans la modification du décret électricité. "Très simplement, je suis ce que M. Nollet a présenté ce matin sur sa ligne du temps. Il est vrai que je suis intervenu dans ce dossier. Le ministre de l’Economie reçoit des demandes d’entreprises pour être soutenues. Ce sont des choses qui se passent très régulièrement". Et Jean-Claude Marcourt résume : "Oui, j'ai reçu un appel de M. Moreau. Oui, il m'a expliqué cela (son projet qui nécessitait une modification des décrets gaz et électricité, NDLR). Et oui j'ai eu un contact avec M. Nollet, et une réunion avec lui où l'on nous a présenté ce projet".
    Ca a le mérite d'être clair.
    On passe déjà aux questions des commissaires. Qui vont sans doute aller gratter pour mieux comprendre le rôle exact du ministre Marcourt.
  • A la question de savoir pourquoi le gouvernement wallon (via la Sogepa) n'a jamais nommé d'administrateur chez Publifin, alors qu'elle peut le faire (elle détient 0,24% de l'intercommunale), la réponse de Jean-Claude Marcourt est simplissime. "J’ai pensé qu’il était préférable de m’abstenir de désigner quelqu'un, vu que nous n'avions rien à dire".

  • Jean-Claude Marcourt (PS) : "Dans le dossier Publifin, il y a des choses inacceptables qui se sont produites. Mais à aucun moment, le décret électricité ne peut être lié à cela. Les comités de secteur, c'est dans Publifin, pas Resa. Et les rémunérations du management, elles ont été fixées en 2012 (soit avant le décret électricité, NDLR)".

    Le ministre de l'Economie n'a pas tort, sur les deux problèmes qu'il cite. Mais, il n'empêche, certaines questions se posent aussi autour du décret électricité :

    1. Comment Nethys a pu anticiper l'adoption d'un tel texte ?

    2. Les 500 millions levés en juillet 2016 par Resa  (grâce au décret élec) peuvent-ils être utilisés par Nethys pour investir dans des activités concurrentielles ?

    3. Si tout était si évident, pourquoi le gouvernement wallon a-t-il fait passer les amendements au décret électricité en toute discrétion, sans demander l'avis à personne (Conseil d'Etat, régulateur,...) ?

  • Jean-Claude Marcourt étant également conseiller communal à Liège, l'un des plus gros actionnaires de Publifin, il est également questionné sur la création des comités de secteur. Son rôle là-dedans ? "J'ai simplement voté au conseil communal de Liège les attributions des mandats lors du renouvellement des instances".

    Était-il au courant des dysfonctionnements des comités de secteur? "Jamais. Je peux vous dire que si j’avais appris que des gens avaient été désignés sans exécuter de manière adéquate leur mandat, j’aurais bougé. Je l’ai appris quand ça a explosé dans la presse, en fin d’année dernière"

  • Jean-Claude Marcourt (PS) assume également qu'il était favorable à l'idée de faire descendre les actifs (les réseaux gaz/élec) de l'intercommunale Tecteo vers une filiale de droit privé. Autrement dit, d'accord avec le principe de vider l'intercommunale de sa substance. "Avec des actifs corporels, une filiale de droit privé peut bénéficier d’un rating et faire des crédits bancaires, explique M. Marcourt. Et cette idée ne m’a pas choqué. Je trouvais même que cela pouvait être plus cohérent". Reste à savoir si M. Marcourt était d'accord aussi avec l'idée que l'argent levé grâce au réseau serve à financer des acquisitions dans d'autres secteurs d'activités, soumis à concurrence (assurances, offshore, presse,...)
  • Aujourd'hui, les filiales d'une intercommunale ne sont pas soumises à tutelle. On parle de changer cela depuis (au moins) 2014... En vain. "Nous avons décidé de le faire. C’est dans le pipe et on va fixer un certain nombre de balises. Des textes sont en train d’être validés", dixit Jean-Claude Marcourt. Cela fera partie des réformes wallonnes post-Publifin, apparemment.

    Et pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour que le gouvernement wallon se décide à agir, questionne Stéphane Hazée (Ecolo). Car Paul Furlan, ex ministre des Pouvoirs locaux, a affirmé en commission d'enquête ne jamais avoir pu trouvé "l'équilibre" dans ce dossier. Marcourt répond brièvement. "Il n'y a jamais eu de dossier déposé au niveau du gouvernement". On ne sera donc pas ce qui a coincé...

  • Si vous en doutiez : "La Wallonie n’a pas les moyens de racheter Nethys", dixit Jean-Claude Marcourt.

  • Petite parenthèse : sur le décret électricité, on ne sait toujours pas pourquoi il a fallu s'y reprendre à deux fois pour faire passer les amendements "contestés". Une première vague le 24 mars. Une seconde, corrigeant la première, le 11 avril (Le Soir de ce lundi). Ca semble quand même avoir durement négocié, cette affaire. Plus durement que ce que laisse sous-entendre M. Marcourt....
  • Jean-Luc Crucke (MR) commence par glisser un petit compliment au ministre Marcourt. "Ici, on a une audition lors de laquelle un certain nombre de responsabilités sont prises", dixit Crucke. Il faut reconnaître que M. Marcourt est assez clair et précis. Tout en assumant certaines responsabilités dans les modifications des textes wallons. C'est (nettement) plus convaincant que l'audition de Paul Furlan, constate le député Crucke.
  • Sur les rémunérations chez Nethys : "C'est excessif. Je trouve que ça ne va pas". C'est tout ce que dira Jean-Claude Marcourt (PS). Ca doit être le premier auditionné à faire des réponses plus courtes que les questions posées.
  • Pour le ministre Marcourt, la distribution de gaz et d'électricité et l'activité cablô (VOO) sont des missions de service public. Pour la pertinence des autres investissements de Nethys (presse, production d'énergie, assurance, tax shelter,...), le ministre Marcourt ne dit pas grand chose. "Est -ce que tous les investissements se justifient ou pas ? Il faudra regarder".
    Il admet également que la structure du groupe doit changer, ouvre la porte à la suppression de la structure intermédiaire Finanpart, à un sursaut d'indépendance du conseil d'administration de Resa,... Il soulève beaucoup de questions, en somme. Mais n'apporte pas (encore?) de réponses.
  • Pour la plupart des questions posées sur l'évolution de la structure Publifin/Nethys, Jean-Claude Marcourt botte en touche et se réfugie derrière l'audit commandé par le gouvernement wallon. Il n'est pas fermé à des évolutions, mais il attend l'audit pour définir sa vision.
  • Par communiqué de presse, Nethys vient d'annoncer qu'André Gilles quittait le costume de président du conseil d'administration de la société. Il en reste administrateur et sera remplacé, à la présidence, par Pierre Meyers. Pierre Meyers était déjà l'un des administrateurs dits "indépendants" du groupe. Ce ne sera donc plus un représentant de l'actionnariat communal/provincial qui pilotera le CA du navire Nethys.
    Notons également que Pierre Meyers détient, avec Stéphane Moreau, des parts dans le projet de centrale hydroélectrique au Congo dans lequel s'est lancé Elicio, une filiale de Nethys.
  • Selon L'Avenir, François Fornieri, actuel patron de Mithra, entrerait également au conseil d'administration de Nethys (en remplacement de Drion ou Parmentier). Petite question : les actionnaires communaux et la Province de Liège ont-ils eu un quelconque mot à dire sur ces nouvelles nominations ? Pas sûr...
  • Et l'audition du ministre Marcourt s'arrête ici. La présidente demande 5 minutes de huis clos avant de lever les travaux. Nous sommes donc invités à quitter la salle.
Alimenté par ScribbleLive Content Marketing Software Platform