Commission Publifin: suivez les auditions de la journée en direct

  • Une fois de plus, la commission tentera de lever le voile sur les zones d'ombre concernant le fonctionnement des comités de secteurs et les rémunérations des membres qui ont touché des sommes affolantes sans pour autant assister à l'ensemble des réunions. 
  • Quatre auditions sont au programme de la Commission d'enquête Publifin, ce lundi : 
    1. Claude Emonts (PS), président du comité de secteur Energie de Publifin
    2. Mohammed Bougnouch (PS), président du comité de sous-secteur Liège-Ville
    3. Catherine Megali (PS), présidente du comité de secteur Télécoms
    4. Et René Duria, secrétaire de ces 3 comités de secteur. 
  • Bénédicte Bayer, directrice générale de Publifin et membre du comité de direction de Nethys, dont elle assure la gestion opérationnelle, déclarait dans la matinée que, "par minute, [elle] gagne moins que les ouvriers". "Je travaille non-stop, tout comme Paul Heyse ou Stéphane Moreau. Au-dessus de moi dans l’intercommunale, et je ne parle pas du comité de direction, il y a six personnes qui gagnent davantage. Dont des statutaires qui sont (hiérarchiquement, NDLR) en dessous de moi. Chez Nethys, c’est pareil. Et pour certains, ce sont des sommes colossales. Gil Simon et moi gagnons bien moins que des personnes qui sont en dessous de nous. Voilà. C’est comme ça…"

    ► A lire sur Le Soir+  La directrice de Publifin: «Par minute, je gagne moins que les ouvriers»

    Cédric Halin, l'échevin d'Olnes qui a révélé le scandale Publifin, répond sur Twitter et défend le contraire. Il point notamment le faite que Bénédicte Bayer gagne trois fois plus qu'un ouvrier "de base" à la minute. 
  • L'audition n'a toujours pas commencé. Les "auditionnés" sont là, mais on attend les chefs de file des partis principaux et la présidente (réunis en bureau).
  • Tout le monde s'installe. La séance va débuter.
  • C'est parti. On démarre par l'audition de Claude Emonts (PS), président du comité de secteur "Energie". Il était conseiller communal à Liège, a présidé le CPAS de la cité ardente, et a démissionné de tous ses mandats en décembre 2016, suite à l'affaire Publifin.
  • Claude Emonts commence par expliquer comment il s'est retrouvé en Publifin. Il arrive en juin 2013, à sa demande. "Je me suis retrouvé, à ma demande, dans la structure Publifin. Pourquoi ? Parce que lors des années où j’étais président d’Intermosane (intercommunale avalée par Publifin en 2013, NDLR), j’ai dû me battre pour défendre le personnel du secteur 1 d’Intermosane, qui était extrêmement inquiet pour son devenir". Claude Emonts s'était donc "attaché à cette entreprise" (Intermosane), et il a demandé à siéger chez Publifin "pour suivre le sort du personnel". Il entre donc au conseil d'administration de Publifin. Et lors du fameux conseil du 21 juin 2013 (son premier), il sera également nommé président du comité de secteur "Energie".
  • Lors de son premier conseil d'administration de juin 2013 chez Publifin, Claude Emonts vote les rémunérations allouées aux membres des comités de secteur. Sans véritablement comprendre ce qu'il en est. "La manière dont est libellée la phrase (sur les rémunérations du comité Energie) ne va pas attirer mon attention". Cette phrase prévoit en effet que les émoluments seront identiques à ceux de l'ex comité de secteur gaz, sans donner de montants. "Un comité gaz dont je n’ai jamais entendu parler, et dont je ne connais pas les informations".
  • Dans son exposé introductif, Claude Emonts admet deux "manques de discernement". Il s'en est tenu "à la notion d'un comité de secteur consultatif", avec "des thèmes qui n'appelaient pas de vote". Mais il affirme que personne ne lui a vraiment expliqué quel était son rôle. "Je n'ai pas reçu de vade mecum du "comment faire" de ce comité de secteur". Deuxième erreur qu'assume Claude Emonts : "Je n’ai pas pris l’initiative de refuser cet argent (sa rémunération, NDLR). C'est une erreur de ma part". Et d'ajouter. "Dès le début, cette somme me dérange un peu. Mais, par je ne sais quelle prudence animale, je n’ai pas utilisé cette somme".
  • Notons que Claude Emonts affirme avoir versé 10% de sa rémunération brute à son parti. Et 5% à la fédération liégeoise du parti. Ce qui implique que certains avaient conscience de la hauteur de ces rémunérations.
  • Sur la genèse des comités de secteur consultatifs contestés, et des rémunérations qui vont avec, Claude Emonts décline toute responsabilité. Il constate que certains veulent évidemment charger la barque des présidents des comités de secteur, mais réfute. "Je n’ai pas le début du commencent d’une idée de comment cela a pris racine". Il renvoie aux "décideurs politiques". Le salaire qu'il percevait, il ne l'a "pas demandé", "pas négocié". Sa seule erreur est de "ne pas l'avoir refusé", concède-t-il.
  • Les députés posent leurs questions. D'une façon plus claire et concise que jamais. Les échanges sont pour l'instant d'une très bonne tenue. On cherche à comprendre qui a nommé Claude Emonts dans un comité de secteur. Et plus précisément dans le comité de secteur Energie... alors qu'il souhaitait suivre Intermosane, ce qui était plutôt dans les prérogatives du comité de secteur Liège-ville.
  • Après l'exposé de Claude Emonts, on ne comprend toujours pas à quoi servait réellement ce comité de secteur Energie. M. Emonts a parlé d'un comité "consultatif", sans définir les sujets réellement abordés. "Il s'agit plutôt d'un comité contemplatif", tranche Frédéric Gillot (PTB). Jusqu'ici, on peut difficilement lui donner tort...
  • Claude Emonts revient sur sa rémunération à la présidence d'Intermosane. Il parle de 20.000 euros brut par an, de mémoire, pour une présidence exécutive. En arrivant chez Publifin, il a touché plus de 34.000 euros brut par an pour présider une comité consultatif... "Travailler moins pour gagner plus", ironise Jean-Luc Crucke (MR). Claude Emonts ne peut pas dire grand-chose, si ce n'est répéter qu'il aurait dû refuser cet argent... Pour présider la fédération des CPAS wallons, le même Claude Emonts ne touchait que 75 euros de jeton de présence par réunion.
  • "Il y avait trop peu de réunions. On était trop bien payé. C’est clair. Mais les réunions étaient d’un intérêt certain", dixit Claude Emonts. Quel intérêt? "Pouvoir se nourrir pour aller sur le terrain". Bon, c'est un peu vague, quand même...
  • Qui a désigné M. Emonts chez Publifin ? Qui l'a nommé au sein d'un comité de secteur? "Vous savez comme moi qui désigne, ce sont les fédérations des partis. Et je n’ai jamais, de toute ma vie, fait partie d’un exécutif au sein de mon parti", répond l'intéressé. C'est vague. Nouvelle relance des députés. Qui ? "Je n'en sais rien. Je suis incapable de vous dire des choses que je ne sais pas". Claude Emonts ne sait donc pas qui, au sein du PS liégeois, a décidé de le nommer. Il doit pourtant au moins savoir à qui il a demandé de pouvoir siéger chez Publifin, non ?
  • Il y a tout de même une chose un peu surréaliste. Claude Emonts -administrateur de Publifin- n'a donc pas compris ce qu'il votait, en juin 2013, à propos des rémunérations des comités de secteur. Alors qu'il présidait le comité de secteur Energie, il ne savait pas non plus que "les autres personnes recevaient leurs émoluments en étant absent". Bref, voici un administrateur de Publifin qui ne sait pas initialement combien il gagnera au sein du comité de secteur qu'il préside, qui ne sait pas qui a fixé ces rémunérations, et qui ignore que ces rémunérations ne sont pas liées à une présence effective. Ca fait beaucoup, quand même...
  • Donc, le même pv de réunion servait deux fois, puisqu'une autre réunion de "secteur ville" était organisée aux mêmes heures !! M. Emonts était-il payé encore pour cette réunion "simultanée" ?

    -Nancy
  • @Nancy : Le comité de sous-secteur Liège Ville est le troisième comité contesté, à côté du comité Energie et du comité Télécoms. Les membres de ce comité de sous-secteur sont différents de ceux du comité Energie. Et il arrivait à ces deux comités de se réunir ensemble. Notons encore que les salaires de ce comité Liège-ville sont légèrement inférieurs aux autres.
  • On résume. Claude Emonts affirme avoir demandé à la section socialiste locale d'être nommé administrateur chez Publifin. Mais pas de siéger au sein d'un comité de secteur, dont il ignorait à l'époque l'existence. Et quand on lui demande comment il s'est retrouvé nommé à la présidence de l'un des comités de secteur, il ne parvient pas à l'expliquer. "Je ne me rappelle pas que cela ait été discuté. Je ne pense pas que le problème ait été débattu".
  • « Vous qui avez consacré votre vie entière à la défense des plus démunis, comment êtes-vous rentré dans ce schéma-là, M. Emonts. Comment cela ne vous a pas choqué ? », attaque Olivier Maroy (MR), rappelant que le salaire médian en Belgique est légèrement inférieur à 3.000 brut par an. Soit ce que gagnait Claude Emonts pour présider moins de quatre réunions par an, dont l'intérêt reste à prouver.
  • Claude Emonts répond à tout. Sauf quand on aborde les conditions de sa nomination chez Publifin. Il assimile peut-être ça à une "reconnaissance de services rendus au niveau d'Intermosane". On sent une certaine gêne lorsqu'il est question d'exposer les pratiques internes des fédérations au grand jour.
  • M. EMONTS joue le caliméro ! Il dit qu'il ne faut pas remettre toute la responsabilité seulement sur les membres des comités mais Il ne se souvient pas des personnes qui lui proposent la présidence des comités .

    -Nancy
  • Pour la troisième, ou quatrième fois, Claude Emonts refuse d'assumer l'ensemble des responsabilités. "C'est un peu malheureux de constater que tout le monde s’en prend aux matelots. D’accord, nous l’avons bien mérités, mais ne serait-ce pas un peu simple de tout faire porter aux comités de secteur?". Claude Emonts fait une petite parenthèse, plus personnelle. "Est-ce que je regrette ? Oui. Je suis suffisamment marri de terminer ma carrière comme ça, après avoir eu une carrière de 20 ans sans que l’on puisse me reprocher quoi que que ce soit. C’est triste. Je n’en veux à personne d’autre qu’à moi-même, mais ça suffit à l’autoflagellation".
  • "Aucun membre du conseil d'administration de Publifin n'a demandé comment cela se passait au sein des comités de secteur", relance Claude Emonts. Qui rappelle, une nouvelle fois, qu'il n'avait "pas de feuille de route" et qu'on ne lui fixait "pas d'objectif" pour la présidence de son comité de secteur. Bref, tout le monde se foutait royalement de ces fameux comités...
  • L'argument "Tout le monde aurait fait la même chose" n'excuse rien. Il est quand même étonnant de ne pas se rappeler qui lui a annoncé sa nomination.

    -L'argument \"Tout le monde...
  • Si j'ai bien suivi personne n'a rendu l'argent avant que le pot au rose ne soit révélé !!

    -Nancy
  • @Nancy : Absolument. Personne ne s'est même inquiété de la hauteur des rémunérations par rapport à la maigreur de la charge de travail.
  • Les remarques faites aux commissaires commencent un peu à porter leurs fruits. J'ai minuté le temps de paroles pour les questions max 4 min pour 4 questions (ce qui change des 10 à 15 min auparavant par intervenant ! )

    -Nancy
  • On commence un tout petit peu à tourner en rond avec M. Emonts.
  • Peut-on vraiment croire que M. Emonts a été désigné comme président de comité et comme administrateur sans qu'on lui ait demandé son avis, son accord même ? Peut-on croire qu'il ne se souvient pas de la (ou des) personne avec qui il en a parlé ?

    -Petitjean
  • @Petitjean : Madame Megali et Monsieur Bougnouch, les présidents des deux autres comités de secteur, seront amenés à expliquer à leur tour qui les a nommés là. On verra si les versions coïncident.
  • Audition terminée pour Claude Emonts. Dix minutes de pause avant de passer au président suivant.
  • On retiendra de son audition que M. Emonts ne sait pas comment il a atterri à la présidence d'un comité de secteur, qu'il ignore qui a décidé de ses émoluments, et qu'on ne lui a jamais fourni de feuille de route pour gérer son comité plus contemplatif que consultatif. Certes, l'homme reconnaît deux erreurs : il aurait dû être plus proactif, et il aurait dû refuser les montants reçus. Au minimum se poser plus de questions. Mais il ne l'a pas fait. Claude Emonts n'est évidemment pas le père des comités de secteur tant décriés, ni des rémunérations associées. Mais on pouvait espérer un peu plus de proactivité de la part d'un homme censé défendre l'intérêt des communes liégeoises au sein du conseil d'administration de Publifin.
  • On a l'impression que ces gens ont commis des fautes mineures, trois fois rien : garer la bagnole à moitié sur le trottoir...

    -rroland
  • On reprend. C'est au tour de Mohammed Bougnouch, président du comité de sous-secteur Liège-ville. Il est également conseiller communal à Liège (PS).
  • Très tendu, M. Bougnouch commence par s'excuser pour "son stress et sa prononciation". Il commence par une mise au point. "Je n’ai pas déposé ma candidature (pour présider ce comité de secteur). Je suis désigné par le parti et le conseil d'administration de Publifin. Je ne sais pas en quoi la mission consistait. On ne me l’a jamais expliqué". M. Bougnouch s'est très vite "rendu compte que la complexité des dossiers est complexe".
  • Les réunions du comité de sous-secteur Liège-Ville se tenaient de manière conjointe avec le comité Energie. M. Bougnouch confirme donc qu'il ne présidait rien du tout... car c'est Claude Emonts, président du comité Energie, qui menait les débats. Résultat : M. Bougnouch était payé au tarif d'un président, avec un bonus de 20% par rapport aux autres membres de son comité de sous-secteur, sans la moindre prestation supplémentaire. Il validait simplement l'ordre du jour que le secrétariat de Publifin lui présentait.
  • Sur la rémunération qui tombe sur son compte, M. Bougnouch explique : "La première fois que j’apprends ce qu’il y a sur mon compte, je suis surpris. Je me suis renseigné, de manière informelle, mais on m’a dit que c'était la rémunération normale, décidée par le conseil d'administration de Publifin".
  • Stéphane Hazée (Ecolo) s'interroge sur le contenu des PV des séances des comités de secteur Energie et Liège-ville. Les réunions de ces deux comités se tenaient en effet de manière conjointe, mais les PV sont apparemment différents. Dans le PV Liège-ville, on prête des mots à M. Bougnouch que l'on prête à M. Emonts dans le PV Energie. L'Ecolo se demande s'il ne s'agit pas de "faux".
  • La ligne de Mohammed Bougnouch est similaire à celle de Claude Emonts. Sa nomination à la tête d'un comité de secteur est le fruit d'une force supérieure, inconnue. "J'ai appris ma nomination en plein conseil communal". Quant à ses émoluments, il en a pris connaissance plus tard. Et il n'en est pas responsable, renvoyant la balle dans le camp du conseil d'administration de Publifin et de son comité de rémunération.
  • Inutiles ces comités de secteur? "Non. On apprenait beaucoup de choses", répond M. Bougnouch. "On nous donnait des renseignements, ce qui permettait de répondre aux citoyens qui avaient des questions. Notamment sur l'installation des compteurs". On le répète : un comité consultatif est censé remettre des avis, pas regarder des Powerpoint sur le fonctionnement d'un compteur.
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