Commission Publifin: suivez les auditions de la journée en direct

  • René Duria nous retrace l'historique de ses échanges avec Cédric Halin. C'est un peu long. Et dès qu'il mouche (un peu) Cédric Halin, le CDH arrive à la rescousse.
  • René Duria explique comment sont rédigés les PV du conseil d'administration. Et c'est assez original. Il n'existe en fait qu'un seul PV, rédigé séance tenante. Les administrateurs peuvent le consulter ce jour-là, et doivent l'approuver le jour même. Ils n'en reçoivent pas copie. Et, lors du conseil d'administration suivant, ils peuvent le consulter une seconde fois, et éventuellement y apporter des modifications. Ce qui est très rare, selon M. Duria.
  • Question du député PS Dimitri Legasse. "Les comités de secteur étaient-ils parfaitement opérationnels ?". René Duria est embêté. Il ne dira pas "oui". Mais cible à nouveau l'absence de proactivité des présidents des comités de secteur.
  • Le fait que deux PV d'une même réunion affichent des informations différentes, c'est une "maladresse administrative", explique Réne Duria. Rien de plus. Circulez...
  • Les députés wallons cuisinent le secrétaire René Duria pour obtenir le nom du directeur juridique de l'entreprise, capable de leur fournir certaines réponses, notamment sur la violation des statuts. Mais René Duria refuse de donner le moindre nom. Ce qui a le chic d'agacer Dimitri Fourny (CDH). "Il y a un juriste RH, un juriste marchés publics, un juriste...", entame l'auditionné.
  • Drôle. Stéphane Hazée (Ecolo) prend un extrait d'un rapport annuel de Publifin, dans lequel on fait référence au comité de secteur Liège-ville, qui aurait validé des informations sur le projet de partenariat public-privé du tram à Liège. "Le comité a-t-il vraiment validé ces informations?", questionne Hazée ? "En tout cas, il en a été saisi", répond René Duria. Une façon habile de dire non.
  • Et c'est la dernière question. La séance est levée. On reprend jeudi, avec une série de nouvelles auditions. A commencer par les représentants syndicaux de Publifin.
  • Bonjour à tous. La (longue) journée d'auditions va démarrer sous peu, avec Mesdames Planus et Gabriel, deux représentantes syndicales de Publifin.
  • Christine Planus prête serment. Elle va commencer par une présentation de la société, du point de vue syndical (CGSP). Notons qu'elle ne représente "que" les 1.000 travailleurs de l'intercommunale Publifin, mais pas ceux de toutes les filiales.
  • Christine Planus plante tout de suite le décor. Elle revient sur le rude plan de restructuration de 2009, proposé à Tecteo (l'ancien nom de Publifin). Dans une vidéo diffusée par Medor, on voit Stéphane Moreau invectiver, à l'époque, certains syndicalistes. Madame Planus en faisait partie. Lors de son audition au Parlement, le patron du groupe avait clairement minimisé cette vidéo, affirmant qu'il avait été applaudi à la fin de son discours, et que la presse n'avait sorti que les passages polémiques de la vidéo. Madame Planus conteste. "Contrairement à ce qu’a dit Stéphane Moreau, ça ne s’est pas terminé dans la joie et l’allégresse, et on ne l’a pas applaudi". Elle accuse son patron de nombreux "mensonges", lui qui leur avait toujours promis qu'on ne toucherait pas aux acquis sociaux, et qui en a détricoté une bonne partie (Madame Planus dresse la liste).
  • Christine Planus s'en prend désormais à Bénédicte Bayer, directrice générale de Publifin et présidente du comité de concertation. La syndicaliste déplore un "manque de respect" de sa directrice. Selon Planus, il arrive à Madame Bayer de "traiter le personnel de branleurs de mouches. C’est très déstabilisant quand on l’entend, c’est un mépris total". Elle remet également en cause la véritable autorité de sa directrice générale. "Celle qui préside les comités de concertation doit avoir une autorité de négocier. Ca n’a jamais été le cas. Quand on négocie avec Madame Bayer, elle doit toujours faire rapport à Stéphane Moreau, parce que c’est lui qui décide. Elle nous le dit très régulièrement, quand elle ne téléphone pas en séance pour avoir des nouvelles". Le même Stéphane Moreau a pourtant refusé de s'étendre sur les questions liées à Publifin, en justifiant qu'il avait quitté l'intercommunale depuis 2013 (il dirige la filiale omnipotente Nethys).

  • Christine Planus s'inquiète également de l'absence de convention. "Nous (chez Publifin, NDLR) travaillons en sous traitance pour Resa et Nethys. Mais aucune convention personnelle n’a été signée avec ces sociétés. Lorsque nos agents ont travaillé sur le réseau Ores, ils ont pourtant signé des conventions tri partites avec Ores et Resa. J’ai du mal à comprendre pourquoi cela serait valable pour une situation et pas pour une autre".

  • Pour conclure sa présentation, la déléguée principale CGSP relit un communiqué de presse qu'elle a signé fin 2014... Et qui reste particulièrement d'actualité. Sa conclusion ? "Non le costume de l’intercommunale n’est pas à changer, mais bien les politiques qui ne méritent pas de le porter".
  • Le premier (et unique) tour de questions démarre. Dimitri Fourny (CDH) et Stéphane Hazée (Ecolo) s'inquiètent notamment de l'existence d'un "shadow cabinet" au sein de Publifin, piloté par Stéphane Moreau. Jean-Luc Crucke (MR) surprend avec une question sur le "système de la petite Huguette", un nom de code pour désigner le système de favoritisme qui serait mis en place au sein du groupe Nethys/Publifin. Le député Crucke affirme avoir reçu plusieurs mails de travailleurs dénonçant ce système, et cherche à en savoir plus auprès de Madame Planus.
  • Une chose semble acquise : l'agenda du jour (sept auditions!!!!) est beaucoup trop ambitieux, et les dernières auditions risquent d'être bâclées, en fin de soirée. Cela fait déjà une heure que Madame Planus est auditionnée. Elle n'a toujours pas pu répondre aux (nombreuses) questions des députés. Madame Gabriel (CSC) n'a toujours pas eu voix au chapitre. Or le planning initial prévoyait que les deux auditions syndicales se terminent à 10h, pour faire place à Bénédicte Bayer. C'est pas gagné.
  • Bonjour, pourriez-vous me rappeler si les suppléants peuvent poser des questions?

    -Nancy
  • @Nancy : Si le membre effectif est présent, le suppléant ne peut pas poser de questions.
  • Premier tour de questions INTERMINABLE, avec de nombreuses redites, des questions à rallonge,... Dites, les députés, va falloir être un peu plus efficace hein.
  • Drôle. Madame Planus raconte une discussion musclée avec Stéphane Moreau. Avec une pointe d'accent liégeois, elle tente une imitation du patron de Nethys. "Ca ne se passera pas comme ça". Mais la syndicaliste s'arrête tout de suite. "Je ne peux pas l’imiter parce que je l’imite très mal". Rires dans la salle.

  • Madame Planus a été la cible d'intimidation à plusieurs reprises.
  • Certains députés sont mal à l'aise à l'idée d'entendre les noms des personnes impliquées dans cette affaire.
  • Madame Planus dénonce la manière dont certaines personnes ont été engagée.
  • Le système de 'la petite Huguette" ne dit rien à Madame Planus. Mais la déléguée syndicale se lance dans une (longue) énumération de tous les gens qui auraient été nommés dans la société via du copinage politique. Dimitri Fourny (CDH) lui demande si elle est bien sûre de vouloir balancer des noms. Mais Madame Planus n'a pas froid aux yeux. "Quand on  n'ose pas dire le nom du responsablie juridique, je suis sidérée", entame-t-elle (en référence au secrétaire René Duria, auditionné lundi, qui n'a jamais voulu citer le nom du directeur juridique du groupe). "Moi, ca ne m’effraie pas. Ce sont des choses connues, je n’ai aucun souci à le dire. Les pressions sont là, quand on nous demande de ne pas dire de noms", dixit Christine Planus. Et elle livre une douzaine de noms de personnes liées de près ou de loin à la politique. Un copain du bourgmestre Demeyer, un collaborateur de Charles Michel, une conseillère communale de Flémalle,... La scène est assez surréaliste. Et Christine Planus conclut sur le fait qu'il n'y a "aucune procédure de recrutement" au sein de Publifin. Ambiance !
  • Au passage, Madame Planus raconte une petite anecdote. Elle affirme que la direction de Publifin a fait savoir aux travailleurs qu'elle n'était plus mandatée par la CGSP, pour la discréditer. Ce qui est absolument faux, selon l'intéressée.
  • Madame Planus fait preuve de beaucoup de courage !

    -Nancy
  • D'après madame Planus, monsieur Moreau aurait tenu des propos insultants vis-à-vis du personnel
  • On sent qu'elle est contente d'être là, et qu'elle a envie de parler, Christine Planus. Résultat : ça décoiffe. Quitte à cogner sur le grand patron Stéphane Moreau. L'homme tiendrait des "propos peu respectueux envers le personnel", ce qui est "d'autant plus difficile à entendre de la part d'un mandataire du PS. Maintenant, il défend une thèse ultra-libérale, c'est clair". Et ça, ça lui fait mal aux oreilles, à Madame Planus. Au passage, elle glisse un compliment à l'attention de Bénédicte Bayer. Tout arrive ! C'est une directrice "très sympathique", avec qui "on a pu avancer sur des points". Il y a une heure, la même Christine Planus affirmait tout de même que Bénédicte Bayer assimilait le personnel à des "branleurs de mouches".
  • AHaha. Pas de politique claire de recrutement. Les nominations aux postes de Management sont donc principalement dûs aux liens amicaux de ces managers avec la Direction...Je m'en vais de suite prendre ma carte PS/CDH et m'inscrire au prochain bal des bourgmestres/fête du picon/.... Un salaire comme celui là...dans 10 ans je suis pensionné. Elle est pas belle la vie.

    -José
  • Monsieur Gillot fait rire l'assemblée avec sa petite réflexion sur la moue de son collègue; "Mieux vaut faire la moue que la guerre"
  • Madame Planus affirme que les travailleurs donnaient 2% de leur salaire à la société et se pose donc la question : si ils n'ont pas utilisé l'argent public, qu'est-ce qu'ils ont utilisé alors?
  • Dernière question à destination de Madame Planus, signée Dimitri Legasse (PS). "Quelle est votre appartenance politique?". La réponse de la syndicaliste est cinglante. "Depuis 2009, je n’ai plus ma carte du parti socialiste. Je ne pouvais plus rester au sein d'un parti qui m'a fait la guerre (à Liège), qui a méprisé les travailleurs. Je ne voterai plus jamais socialiste". Mais "je reste une femme de gauche". Et ce sera la conclusion de cette première audition...
  • Il est 11h05. La première audition vient de se terminer. Le planning initial prévoyait d'entamer la troisième audition, celle de Madame Bayer, à 10 heures. Comme annoncé, le programme du jour est tout bonnement intenable. D'ailleurs, Patrick Prévot (PS) vient de convoquer un bureau, pour faire le point sur l'ordre des travaux. Il n'est pas exclu que l'on reprogramme à demain l'audition des quatre administrateurs de Publifin, et qu'on se limite aujourd'hui à entendre la seconde déléguée syndicale (Madame Olivia Gabriel) et la très attendue directrice générale de Publifin, Bénédicte Bayer.

  • Les commissaires ont décidé que madame Gabriel sera interrogée ce matin et madame Bayer, à partir de 14h. Un nouveau point sera fait à 16h30, pour voir si oui ou non les membres du CA de Publifin seront auditionnés aujourd'hui. Olivia Gabriel, déléguée principale CSC au sein de Publifin, vient de prêter serment. Que son audition commence !
    par Michel De Muelenaere (Le Soir) édité par Xavier Counasse (Le Soir) 3/16/2017 10:31:41 AM
  • Olivia Gabriel s'inquiète sur le devenir de sa société. Elle plaide pour le "maintien d'une intercommunale publique, pure, solide". La syndicaliste embraie. "Ce n'est pas gai de travailler dans cette ambiance, au jour le jour. Les travailleurs ont un gros point d'interrogation au-dessus de la tête. La plus grande inquiétude se situe au niveau de leurs emplois. A quelle sauce va-t-on être mangé?".
  • Ce qui se déroule est hallucinant ! On se croirait au moyen-âge avec une classe de privilégiés qui perçoivent des salaires faramineux et qui distribuent des contrats d'emplois aux amis pour services rendus... Il n'est pas certain que in fine cela change quelque chose... Les habitudes de vote en Wallonie sont bien ancrées... Beaucoup d'intercommunales posent problème et il y a beaucoup d'autres Publifin en Wallonie... Si on creuse du côté de Mons et Charleroi, il y a sans doute beaucoup d'arrangements entre amis... Il faut que les langues se délient une bonne fois pour toutes, que les gens osent parler . Bravo Mme Planus, je ne suis pas de votre bord politique mais vous avez le mérite et le courage de la franchise et du désintéressement personnel.

    -Henryk
  • Actons que les deux syndicalistes affirment n'avoir jamais rien entendu/su à propos des rémunérations au niveau des comités de secteur.
  • Ce qui se déroule est hallucinant ! On se croirait au moyen-âge avec une classe de privilégiés qui perçoivent des salaires faramineux et qui distribuent des contrats d'emplois aux amis pour services rendus... Il n'est pas certain que in fine cela change quelque chose... Les habitudes de vote en Wallonie sont bien ancrées... Beaucoup d'intercommunales posent problème et il y a beaucoup d'autres Publifin en Wallonie... Si on creuse du côté de Mons et Charleroi, il y a sans doute beaucoup d'arrangements entre amis... Il faut que les langues se délient une bonne fois pour toutes, que les gens osent parler . Bravo Mme Planus, je ne suis pas de votre bord politique mais vous avez le mérite et le courage de la franchise et du désintéressement personnel.

    -Henryk
  • Olivia Gabriel apporte des pièces au dossier, qui serviront sans nul doute lors de l'audition de l'ex ministre des Pouvoirs locaux Paul Furlan (prévue vendredi prochain). "On a interpellé le ministre Furlan en 2010, mais il ne nous a pas vraiment apporté de réponses probantes", dixit la syndicaliste. Et il y a eu d'autres courriers, apparemment. Olivia Gabriel n'en détaille pas le contenu, mais elle en remet une copie aux députés. Cela concerne "le manque de transparence" du groupe, et le "contrôle des articles du règlement de travail".
  • Sur les nominations liées à du copinage politique, Olivia Gabriel est un peu moins "rentre-dedans" que sa collègue de la CGSP Christine Planus. "Nous sommes au courant (de ces nominations, NDLR), mais je n’avais pas toute la liste de madame Planus".

  • Olivia Gabriel est plus nuancée que Christine Planus sur l'ambiance des négociations. Elle ne voit pas de main invisible de Stéphane Moreau lors des négociations syndicales. Elle affirme également ne pas avoir subi "de pression de près ou de loin de ma direction". Quant à sa directrice générale Bénédicte Bayer, Olivia Gabriel estime qu'elle "répond de manière intègre et sincère" à toutes ses questions. C'est un fait, le ton a changé. La CGSP était (bien) plus virulente.
  • Tout a été beaucoup plus vite, avec Madame Gabriel. L'audition est déjà terminée. Pas de conclusion particulière : la CSC avait déjà convoqué la presse il y a une dizaine de jours pour exprimer son point de vue sur l'affaire - qui n'a pas changé depuis. Les travaux s'arrêtent donc ici pour ce matin (il y a une conférence des présidents ce midi). Dès 14h, c'est Bénédicte Bayer qui prendra le relais. Nous, on reprend le direct commenté à ce moment-là.
  • L'audition de madame Bayer, directrice générale de Publifin, va débuter
  • C'est reparti avec l'audition de Bénédicte Bayer, la directrice générale de Publifin.
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