Crise gouvernementale: les dernières informations

    Tentons une interprétation : Charles Michel ira à Marrakech, pas en tant que représentant du gouvernement mais "à titre personnel", et fera état de la résolution votée à la majorité. Du jamais vu.
    Ahmed Laaouej (PS): "Il y a encore un certain nombre de zones d'ombres. Une question relativement simple: le Premier ministre vient-il de dire qu'il représenterait la Belgique à Marrakech?" Le PS demande une courte suspension de séance. Reprise à 18h50
    Charles Michel ne répond pas à la question de la N-VA : va-t-il dire à Marrakech que son gouvernement n'est pas parvenu à un accord sur le pacte migratoire ?
    Charles Michel : "Je considérerai que la résolution du Parlement m'oblige, dans le respect de la constitution."
    Charles Michel: "Soyez convaincus que le moment venu je n'hésiterai pas à choisir de quel côté me situer. Enfin un dernier point: permettez moi de préciser que notre responsabilité n'est pas d'être aveugle. Dans le quotidien des Belges il y a des préoccupation importantes, la migration en fait partie, mais le pouvoir d'achat, le climat, l'emploi, la sécurité sociale exigent la responsabilité. Je considère que si ce vote intervient qu'il s'agit un signal très fort. Je considérerai que ce vote m'oblige."
    Charles Michel : "Je vais faire en sorte à Marrakech et après de donner mon point de vue en respectant la Constitution."
    Charles Michel: "Il y a une difficulté politique. J'ai essayé ces derniers jours, ces dernières heures de soumettre une série de propositions car il était important de donner un signal clair sur la position du gouvernement. J'ai informé le parlement et veillé à avoir des dialogues nourris avec plusieurs pays européens sur ce pacte. J'ai pris une décision que j'assume: ce parlement, en particulier la chambre des représentants est la chambre de la démocratie et la source de la légitimité. Il m'a semblé qu'il était important de donner la cpacité au parlement de regarder sur le fond quelle était la portée de ce texte. Le parlement a fait un choix important en organisant les auditions, qui ont joué un rôle important dans le débat démocratique. 
    Compte tenu de ce débat, compte tenu du vote, j'irai à Marrakehc car il n'y aura pas de siège vide à Marrakech. Cela précédera un autre moment important: le vote aux nations Unies. Ma responsabilité, c'est d'assurer la constance. Tout mettre en oeuvre pour assurer la crédibilité de la Belgique. Une parole est une parole. Mais je mesure bien que la constitution belge n'est pas un chiffon de papier. Cela signifie que je vais devoir voir comment il sera possible de défendre ma position et ma conviction au sein du kern." 
    Charles Michel : "Ma responsabilité, c'est d'être constant. La parole de la Belgique a de la valeur."
    Charles Michel : "Je suis Premier ministre et j'irai à Marrakech."
    Charles Michel: "Nous avons suivi la procédure multilatérale afin que notre pays puisse faire entendre sa voix. Au mois de septembre, une dernière réunion du corps multilatéral. La vérité a ses droits. il a été constaté qu'il y avait un accord pour valider ce pacte. C'est sur cette base qu'au nom de la Belgique je me suis exprimé devant les Nations unies. Quelques semaines plus tard dans une réunion de coordination au niveau européen, il a même été décidé de promouvoir ce texte.Fin octobre je suis informé qu'un parti a des objections sur ce document, en suite de quoi, à plusieurs reprises au sein du kern et de manière bilatérale je prends connaissance d'un certain nombre d'objections."
    Charles Michel : "Le 12 septembre, il a été constaté qu'il y avait un accord pour valider ce pacte. C'est à ce titre là, que je me suis expliqué aux Nations Unies."
    Charles Michel prend la parole : "Je me tiens devant vous comme Premier ministre et je vais parler avec mes convictions d’homme. Il y a des moments où il faut pouvoir exprimer certaines convictions, certains signaux et certains messages. Mais je vais d’abord expliquer les rétroactes"
    Charles Michel : "Je suis devant vous comme Premier ministre, mais je vais vous parler en tant qu'homme." #lachambre
    Theo Francken vient de rejoindre le Parlement.
    Ci-dessous, quelques réactions
    Cela me fait mal de voir ces députés de tous bords qui s'insultent, déballent leurs paraphrases sur leurs principes démocratiques et blablablatent pendant des heures sur le même sujet. Le résultat du vote est déjà connu ! Le parlement ne fonctionne plus dans l'intérêt de nous les citoyens, nous payons ces gens très cher pour ne pas faire grand chose !

    -NicolasV
    NVa= ver dans le fruit Belgique= extrémistes en costume

    -Belge
    Un référendum est nécessaire et urgent pour prendre une décision si importante qui concerne toute la population belge et ne concerne pas un parti comme CDH ou Ecolo ou Autre.

    -Yacob
    Raoul Hedebouw (PTB) reprend un discours très proche de sa déclaration en Commission mercredi.
    Il souligne deux points positifs du pacte: le fait de s'attaquer aux causes profondes de la migration et d'appeler au respect des droits de l’homme. "C’est cela le point qui échaude la N-VA et l’extrême droite."
    "Je partage les inquiétudes de mes collègues sur une note interprétative dont on ne sait rien pour l’instant. Ce pacte n’est pas parfait mais il amorce quelque chose. Nous soutiendrons pour donner le signal très clair qu’il est temps de se battre pour un monde meilleur."
    Henrik Vuye (Vuye&Wouters), constitutionnaliste, rappelle qu’un parti peut être en désaccord mais doit à un moment donner faire un choix : partir ou adhérer. 
    "Arrêtez votre show. Essayons d’avoir une explication de vote. Nous sommes certes contre ce pacte mais nous sommes bien conscient qu’il faut essayer de récupérer le minimum plutôt que de participer à un spectacle qui ne sert à rien. Il y a des gens qui manifestent pour le prix du diesel, des gens qui ont du mal à régler les fins de mois. Essayez de vous atteler à ces problèmes concrets. (...) Monsieur le Premier ministre, vous allez à Marrakech, mais comment ? D’après notre constitution vous n’avez qu’une casquette, celle de Premier ministre. Vous ne pouvez pas représenter le parlement, vous n’êtes pas président du parlement, vous êtes premier ministre, la N-VA devrait en tirer les conséquences.
    Olivier Maingain (Défi): "Il ne revient pas à un ministre N-VA d’aller nuire à la réputation européenne. La N-VA terni l’image de la Belgique à l’étranger. Faites savoir une bonne fois pour toute que la N-VA n’a plus sa place au sein du gouvernement ! "
    Georges Dallemagne, auteur de la proposition de résolution initiale: "Nous sommes parmi les bons élèves de la classe mondiale pour ce qui concerne le droit des migrants. Alors pourquoi en sommes nous là alors qu’il y a tant d’urgence sociales à régler. Je crois qu’il y a une volonté politique. C’est une rupture, un basculement. Derrière le harcèlement permanent de la N-VA au gouvernement, il y a la volonté d’affaiblir notre pays, la volonté de faire du gouvernement fédéral une coquille vide. Pire, il y a la volonté de remettre en cause les droits humains, la volonté de coopérer. Collègues N-VA, je ne partage pas vos idées mais tant qu’elles restent dans le cadre des droits de l’homme et de la constitution elles restent acceptable. Mais avant-hier vous avez basculé dans le monde de la xénophobie, du fantasme. J’attends du gouvernement qu’il tire les conclusions politique de cet événement choquant. On peut se demande si la Belgique n’est pas passé de l’autre côté du miroir. Dans la cour des Savilini, des Orban. Veut-on abîmer le projet humaniste que porte l’Europe?"
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    Kristof Calvo pour Groen: "Le texte vise à surmonter nos clivages. Ce que disent ces groupes parlementaires c’est qu’un problème comme l’immigration ne peut pas être résolu seul. On ne peut pas d’une part exiger de l’ONU un texte qui tient la route et de l’autre ne pas être capables de nous mettre d’accord. Il faut clôturer cette saga de Marrakech, ce n’est plus tenable. Pendant qu’on s’inquiète de savoir si Jan Jambon va rester vice-Premier, des gens dorment dans la rue dans notre capitale. Ce qu’on doit maintenir c’est la tradition diplomatique de notre pays."
    Dirk Van Der Maelen évoque en conclusion la déshumanisation à l'oeuvre vis-à-vis des migrants et qualifie la N-VA de "cancer"
    Peter De Roover - qui a attaqué durement, personnellement Dirk Van Der Maelen - ne cesse de demander quand a eu lieu le Conseil des ministre qui a acté une prise de décision sur le pacte. Cela fait finalement réagir Wouter Beke : "Depuis le 24 avril, il y a eu des discussions politiques, Didier Reynders est même venu en parler au parlement. Sur base de toutes ces discussions que le Premier ministre est allé à New York. Chaque jeudi ici vous avez l’occasion de manifester votre désaccord. A aucun moment vous n’êtes venu en parler. Ce n’est pas exact. Ce n’est pas sérieux. Vous avez changé de position, d’accord, mais ne venez pas dire qu’il n’y a pas eu de discussions au niveau politique."
    Dirk Ven Der Maelen (SP.A) invoque l'histoire de la Déclaration des Droits de l'homme, enseignement des années années 30 où les pays ne sont pas venus en aides aux juifs fuyant l'Allemagne et l'Autriche: "Ce pacte mondial, chers collègue, s’inscrit dans cette droite ligne. Je m’y attendais. Nous avons un groupe de 3 personnes ici qui n’étaient plus disposés à entendre ces enseignement (le Vlaams Belang, NDLR). M. De Roover, vous avez toujours eu le bénéfice du doute. Mais pas après mardi, après cette campagne abjecte. Une campagne immonde."
    "Ces campagnes coûtent très cher, il ne s'agit pas d'une erreur. Et je déplore que chez vous, toute une série de personnes ne partagent pas ces enseignement."
    La référence aux années trente agace certains députés
    Les divisions gouvernementales au grand jour. Le VLD (Patrick Dewael) à la N-VA (Peter De Roover) : "Qui retourne sa veste doit en tirer les conclusions. Ou on change d'avis, ou on démissionne. Un ministre ferme sa gueule ou il démissionne"
    Peter De Roover lui reproche son manque de collégialité. "Monsieur De Roover, chaque jour vous franchissez une ligne rouge, répond Patrick Dewael. Vous faites peu preuve de solidarité gouvernementale. Votre groupe, M. Francken notamment, a pu apporter sa contribution. Vous ne pouvez pas changer d'avis en raison des élections communales ou de la position de l'Autriche, influencée par l'extrême droite. Je ne voudrais pas me retrouver dans le camp du chancelier autrichien. La politique consensuelle sous-entend que quand vous êtes 4, cela nécessite d'être à 4 pour avancer. Décider après deux ans de changer de cap et espérer que les autres suivent n'est pas un exemple de politique consensuelle."
    Patrick Dewael (VLD), dans les deux langues: "Soit vous respectez les décisions prises, soit vous quittez le gouvernement"
    Servais Verherstraeten (CD&V) attaque les partenaires N-VA:  "Notre pays a obtenu que les pays qui soutiennent le pacte conservent l’ensemble de leurs compétences et de leur souveraineté. Chaque pays pourra déterminer lui-même sa politique en matière d’asile et de migration : qui pourra accéder au territoire, qui ne pourra pas accéder. A la demande de notre gouvernement, on ne parle pas de régularisation collective. A la demande de notre gouvernement, on a limité les possibilités de regroupement familial. A la demande de notre gouvernement, il n’y a pas de liste de droits de base des immigrés. Quand vous coopérez pendant deux ans, vous continuez et si il y a des problèmes, vous les mettez sur la table. La N-VA parle de 30 problèmes mais je ne les ai vus nulle part."
    "Mardi, j’ai vu sur les médias sociaux des messages qui étaient contraires à la réalité et témoignaient d’un manque total d’humanité."
    Theo Francken, empêché par une réunion européenne, trouve tout de même le temps de tweeter sur l'annonce du refus de la Lettonie d'adopter le pacte.
    David Clarinval (MR): "Le débat autour de ce pacte a donné lieu à un travail pédagogique auprès du grand public. Il a aussi donné lieu à des discours minimaliste et caricaturaux, alimentant la xénophobie, poussant à se positionner pour ou contre la migration, donnant des idées préconçues. Nous devons être attentifs à renforcer la résilience des populations. Ce pacte fixe des lignes de conduite. Il ne donne pas de droits nouveaux, n’est pas contraignant. Il propose un cadre de coopération."
    "Une parole est une parole. Malgré ces temps de populisme et de caricature, la parole politique a encore une valeur. Il y a une continuité entre le discours à la tribune de l’ONU, les réponses du Premier ministre au Parlement, le vote au sein du parlement, le discours qui sera donné à Marrakech."
     
    David Clarinval prend la parole pour le MR. C'est le premier député à aborder le contenu du pacte.
    Le PS craint une approche très restrictive du pacte, telle que portée par certains pays européens qui approuvent « au sens où ils ne s’opposent pas ». « Mon groupe s’est abstenu car il ne voulait pas signer un chèque en blanc. Nous ne sommes pas là pour sauver votre gouvernement. Ce que nous craignons c’est que la Belgique s’engage dans des explications interprétatives avec des pays tels que le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark. Bien sûr il pourrait s’agir de l’Espagne ou de la France, mais soyons honnête, c’est rarement ces pays qu’on cite. » Et de lire les propos d'un libéral cité par La Libre ce matin, détaillant que l’explication interprétative permettrait de donner des gages à la N-VA.
    « Je vous appelle à soutenir sans condition, sans ambiguïté ce pacte à Marrakech, comme vous l’avez fait à New York. Alors nous voterons cette résolution. »
    Julie Fernandez-Fernandez (PS) soutient d'une certaine manière la position de la N-VA: le gouvernement doit prendre une position. "C’est un très bon signal que le parlement vous a donné. Mais le parlement ne fait pas autre chose que de donner un signal politique, il invite le gouvernement à adopter une position, mais le parlement n’engage pas la Belgique. C’est le rôle du gouvernement. Que le Premier ministre soit le porte-parole du Parlement, c'est bien. Mais qu'il dise clairement à Marrakech qu'il n'y a pas d'accord au sein de son gouvernement, sinon, c'est mépriser les institutions."
    "Cela ne suffit pas d'aller à Marrakech: comment allez-vous pouvoir travailler avec vos ministres après cela?"
    Theo Francken vient de rejoindre le Parlement. Pour rappel, il était jusque-là empêché par des obligations européennes. Ce qui ne l'a pas empêché de tweeter. Petit coup d'oeil sur les messages envoyés pendant que les députés débattaient cette après-midi
     
    Les tweets de Theo Francken
     
    Pendant ce temps, Theo Francken continue de tweeter sur sa réunion avec un responsable italien :
    > https://twitter.com/FranckenTheo/status/1070667744255897600
    > https://twitter.com/FranckenTheo/status/1070669168645677057
    > https://twitter.com/FranckenTheo/status/1070681667919060992
    > https://twitter.com/FranckenTheo/status/1070682121373708288
    ​> https://twitter.com/FranckenTheo/status/1070682331088871424
    Catherine Fonck (CDH) interpelle le Premier ministre pour clarifier le fait qu’on décide ici de la position de la Belgique et non du seul Parlement.
    Peter Roover est chef de groupe N-VA à la chambre.
    Peter De Roover au Premier ministre : "Allez-vous déclarer (NLDR: à Marrakech) qu'au sein de ce gouvernement il n'y a pas d'accord sur le pacte et que faute de consensus, ce pays ne peut approuver le pacte."
    Pour Peter De Roover le pacte engage moralement, politiquement. "Plus personne n'aura l'autorité morale de faire différemment. Ce que vous allez décider aujourd'hui va vous lier éternellement. Nous ne somme pas un tribunal quant à savoir si c'est juridiquement contraignant ou non, c'est un engagement politique. Nous allons voter contre cette résolution car nous somme opposés à la première partie et que la seconde (qui invite à une discussion européenne, NDLR) n'a aucune substance."
    Ses questions au Premier ministre: "Allez-vous, quel que soit l'endroit où vous vous tiendrez lundi, allez-vous déclarer qu'il n'y a pas d'accord au sein du gouvernement sur ce pacte? Et que faute d'accord, ce pays ne peut pas approuver le pacte mondial pour les migrations?"
    Peter De Roover poursuit: "Le pacte. Nous sommes opposés à ce pacte." Mais pas de critique portant sur le contenu (on n'en aura finalement guère entendu de la part de la N-VA ces derniers jours). Le député embraie sur le point de principe fait l'objet officiellement de ce blocage: l'internationalisation du droit. "Contrairement aux traditions qui prévalent, nous voulons mener ces discussions en publics. Que nous ont dit ces experts ? Certains ont dit : attentions, vous ouvrez certaines portes et vous ne savez pas où cela peut nous mener. Nous évoluons vers un droit global qui vise à reprendre les démocraties nationales. Depuis près de 70 ans, nous nous retrouvons dans un processus qui fera que ce parlement ne pourra plus s’occuper que de résolutions car notre institution est vidée de ces compétences. C’est cela. C’est la tendance."
    Peter De Roover (N-VA) à Filip Dewinter (Vlaams Belang) : "Nous sommes des partis fondamentalement différents."
    Pour Peter De Roover, c'est une mauvaise habitude de la politique belge que de ne pas débattre des processus internationaux comme le pacte. "Le résultat final ne donne jamais lieu à un débat. On estime que cela ne doit pas faire l’objet d’un processus décisionnel. Dommage pour vous, il y a dans ce gouvernement un parti qui, lui, suit la procédure. Nous sommes disposés à donner à ces processus leur chance mais il faut une décision politique. J’invite le Premier ministre à clarifier ce mal entendu en mettant cela à l’ordre du jour du Conseil des ministres."
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