Décès de Mawda: Charles Michel en commission de l'Intérieur

    A 14h, le Premier ministre Charles Michel sera interrogé en commission Intérieur sur les circonstances de la mort d'une fillette sur l'autoroute E42, la semaine dernière. Des questions du CDH, d'Ecolo et du PS sont prévues.
    Peu après, le Procureur général de Mons, Ignacio de la Serna, et le Procureur du Roi de Mons-Tournai, Christian Henry, tiendront un point presse concernant le même dossier Mawda à 14h30 au Parquet de Mons.
    Tous les partis n'ayant pas eu le temps de déposer formellement une question à propos du décès de Mawda, un débat d'actualité sera proposé sur le sujet. Mais seulement en fin de commission. Le président refuse de bouleverser l'ordre du jour. Or ça peut être long: quatorze sujets sont prévues (voir ci-dessous)
     
    Georges Dallemagne (CDH) ouvre les questions. "Je ne suis pas de ceux qui considèrent que dès qu’il y a une tragédie dans ce pays, c’est la faute du gouvernement. Mais cette tragédie mérite des réponses à des questions qui sont lourdes à ce stade de l’enquête."
    - Que pouvez vous nous dire de ces évènements tragiques ?
    - Pourquoi un policier a-t-il fait usage de son arme ?
    - Pourquoi alors avoir semble-t-il cherché à viser le conducteur du véhicule alors qu’il n’était pas à l’arrêt et que d’autres personnes étaient à l’intérieur ?
    - Comment les secours ont-ils été utilisés ? (la famille a parlé d'un délai de 20 à 30 minutes, NDLR)
    - Pourquoi le parquet a-t-il manqué de prudence en annonçant que l’enfant n’avait pas été blessé ?
    - Comment l’enquête va-t-elle être menée, quel rôle du comité P ?
    - J’en appelle à votre humanité par rapport à ces parents. J’ai vu que vous les avez reçus. J’ai vu l’empathie et en même temps votre gouvernement a délivré un ordre de quitter le territoire. Cela parait totalement contradictoire

     
    Benoît Hellings (Ecolo) :
    - Pouvez-vous nous donner un état des lieux de ce que le gouvernement sait ? Combien de tirs ?
    - Le Kern s’est-il réuni ?
    - Le conducteur de la camionnette a-t-il été relâché ?
    - Pouvez-vous rappeler les règles qui prévalent à l’usage d’armes ?
    - Un ordre de quitter le territoire semble avoir été délivré alors que leur enfant pas encore enterré, envisagez-vous de demander un minimum de mansuétude et demander un report à tout le moins?
    - On sait que la fillette sera enterrée en Belgique. Les parents pourront-ils faire les démarches nécessaires pour mener la procédure judiciaire et donc avoir un droit de séjour ?
    - Dans ce contexte envisagez-vous de suspendre l’ouverture du centre de rétention pour familles?
    PS, PTB, Groen et SPA ont posé des questions similaires relatives aux premiers éléments de l'enquête judiciaire et de celle du comité P (le tir, les circonstances, les informations à dispositions de la police), aux conditions de prise en charge de la famille (menottée et arrêtée, séparée de l'enfant) et à la délivrance d'un ordre de quitter le territoire.
    La réponse du Premier ministre:

    Depuis ces dernières années j'ai connu des moments particulièrement difficiles, tragiques. C’est le cas ici avec une famille dévastée par la perte d’une petite fille de deux ans. J’ai rencontré les parents et le petit frères de Mawda. C’était l’occasion de présenter mes condoléances et celle de pays. Une grande démocratie doit garantir que la lumière soit faite et les explications soient données. Beaucoup de questions légitimes ont été adressées par les parlementaires, comme pas les parents. Mon rôle est que les moyens soient données pour que l’enquête soit menée de la manière la plus indépendante possible.
    Les déclarations du Premier ministre Charles Michel: 
    - "Il y a une enquête judiciaire avec la désignation d’un juge. Il y a également une enquête du comité. Nous devons attendre les résultats de ces enquêtes. Nous avons constaté très vite que une première communication du parquet était erronée. Je plaide pour une communication objective et correcte. C’est une importance cruciale pour la sérénité et garantir que tout soit fait pour faire le clair".
    - "Nous avons demandé aux autorité judiciaires de rencontrer la famille et les avocats. Le parquet a transmis un certain nombre d’informations. Donc je ne commenterai pas les premiers résultats ni le nombre de coups de feu".
    - "Dans quelle condition la police peut-elle user de la force ? Ce sera précisément instruit. Le code pénal s’applique, le principe de la légitime défense, il appartiendra au magistrat de faire la clarté. La loi sur la fonction de police, là aussi les autorités démocratiques, judiciaire ou le comité P devront faire la clarté".
    - "L’Ordre de quitter le territoire a été délivré immédiatement à tout le monde. Hier j’ai regardé avec les avocats quelles initiatives pourraient être lancées. Il existe une possibilité pour les victimes de trafiquants ou de passeurs, de rester sur le territoire. La famille peut utiliser cet instrument juridique. Il en existe d’autres. Si elles sont activées, elles seront appliquées comme elles le doivent.
    - "Un mot aussi sur notre police. C'est un travail difficile. C'est un moment émotionnel et notre police est choquée par la situation".
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