France: cinq candidats s'affrontent pour le premier débat présidentiel

  • Les temps forts de la soirée
     
    • Quel président ils veulent être
     
    Invités à présenter en une minute trente le type de présidence qu’ils voudraient incarner, ils sont restés dans l’axe de leur campagne. François Fillon (qui vient prudemment de transformer son slogan « Le courage de la vérité » par «Une volonté pour la France ») s’est présenté en candidat du « redressement national ». « Je veux être la présidente de la France, vraiment », a fait valoir Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon a mis en avant sou vœu d’une VIe république. Emmanuel Macron a mis en avant un « projet porteur d’espoir ». Seul Benoît Hamon a surpris en retournant la question. « Quel peuple voulons-nous ? Un peuple belliqueux ou fraternel ? Quel message voulons-nous adresser ? La paix et la coopération ou la concurrence et le nationalisme ? »
     

    Jusqu’alors, seuls Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon étaient venus titiller Marine Le Pen sur l’apprentissage du français à l’école ou sur la sécurité. « Que vous soyez droguée aux pages faits divers, je trouve que ce n’est pas très sérieux », avait piqué le candidat socialiste à l’adresse de la candidate d’extrême droite.

    Mais à la minute 64, Emmanuel Macron s’est réveillé. Attaqué sur le burkini qu’il était supposé approuver (« Vous étiez pour, non ? »), il a vivement répliqué à Marine Le Pen. « Je n’ai pas besoin d’un ventriloque !»,a-t-il lâché, accusant la candidate du Front national de « provoquer » et de diviser la société tout en défendant sa vision d’une laïcité ouverte. « C’est un problème d’ordre public, pas de la laïcité ». 

     
     
    Après avoir lancé la veille lors de son grand meeting qu’il y avait trop de candidats de l’argent dans cette campagne, Benoît Hamon a trouvé sur ce sujet l’occasion de viser Emmanuel Macron. « Le problème n’es tpas que des gens riches financent votre campagne. Mais pouvez-vous prendre l’engagement ici, parmi ces personnes qui ont fait des dons, qu’il n’y a pas plusieurs cadres de l’industrie pharmaceutique ou chimique ou bancaire ». « L’identité est protégée par la loi », a riposté Emmanuel Macron. Mais l sera au rendez-vous, dit-il, « quand il s’agira de prendre des décisions contre les perturbateurs endocriniens ». « J’en prends l’engagement solennel ».
     
    C'était ensuite au tour de Marine Le Pen de parler de candidats qui défendent "les intérêts privés" et non "les intérêts des Français". Une attaque mal digérée par Emmanuel Macron qui a accusé la candidate frontiste de diffamation. 
    L’argent fait la division

    • Fillon très discret sur la moralisation
     
    Face aux téléspectateurs, le candidat de la droite a été encore plus bref que lorsqu’il a lu sa déclaration devant le juge qui l’a mis en examen. Il s’est limité à rappeler que s’il était élu il ferait au Parlement des propositions sur la prévention des conflits d’intérêts et sur la transparence. Marine Le Pen, elle, a esquivé. Jean-Luc Mélencon a refusé d’être mis dans le même sac que les candidats visés par les affaires. « J’admire votre prudence de gazelle quand vous dites quela campagne est polluée par certains d’entre nous », a-t-il lancé à la journaliste Anne-Claire Coudray qui posait une question générale sans désigner les prétendants à l’Elysée cités dans les affaires. « Nous n’avons rien à voir avec tout ça, donc merci de ne pas nous mettre dans le même sac ». 
     
     
    Interrogé sur la fiscalité, Benoît Hamon a évoqué sa mesure phare, le revenu universel. Selon François Fillon, ce sont des promesses impossibles à tenir. « Avec Monsieur Hamon, c’est 32 heures, le revenu universel… Chacun sait bien que ces promesses-là ne peuvent pas être tenues », a-t-il lancé au candidat socialiste.
    Immédiatement, Benoît Hamon a répliqué : « Vous, c’est 500.000 fonctionnaires en moins… Vous êtes très fort en soustraction, moins en addition sauf quand il s’agit de votre propre argent ».
     
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