«Noir Jaune Blues»: comment la société belge est devenue si divisée?

  • «Noir Jaune Blues», la grande enquête
     
    L’enquête «Noir Jaune Blues» met avant tout en lumière une société belgo-belge au mieux tolérante, au pire excluante à l’endroit des migrants.
     
    Comment cette enquête reflète-t-elle l’état de notre société? Comment la société belge est devenue si divisée? Le sociologue Benoît Scheuer, auteur de l’enquête, répondra à vos questions en direct ce mardi à 12h30
     
  • Bonjour, sur Bruxelles l'échantillon de votre enquête est composé à 2/3 de personnes de confession musulmane. Parmi celles-ci, quel est le pourcentage de répondants qui affirment «on n'est plus chez nous comme avant» ? (Histoire peut être de nuancer l opposition entre les musulmans et les autres...). Merci d'avance
  • Monsieur, votre enquête pose des constats alarmants, et a le mérite de forcer le politique, le monde associatif et la société civile à réagir. Cependant, je constate que vos résultats tendent également à libérer (s'il le fallait encore) la parole xénophobe. Voyez-vous des pistes de solution, une méthode pédagogique, permettant de lutter contre ce phénomène grandissant et dangereux? Comment faire comprendre aux belges que "l'autre" est pris comme la personnification d'un problème qui est tout autre?
  • Mitchi Marchal via les commentaires : Les médias et leur instantanéité sur la toile ne portent-ils pas une part de responsabilité dans cette polarisation de la société en amplifiant certains faits ? Cet été et cet automne, nous avons eu droit à un suivi quasi horaire de l'élection US . Ce matin, à la radio, on proposait un débat aux auditeurs en ces termes : êtes-vous dans le camp de Xx ou dans le camp de Yy. 
    Nous sommes tous demandeurs (et accros) d'infos, et l'offre est supposée suivre la demande, mais ce qui "croustille" trop fort ou ce qui est annoncé au conditionnel, est-ce bien nécessaire ? 
    Nous aimons les débats et les contradictions, mais l'expression "choisir son camp" est-elle vraiment judicieuse ?
  • Quelle serait la responsabilité de la langue de bois dans tout cela?
    Est-ce qu'à force de tout passer sous silence et de tout lisser, on ne génère justement pas un énervement artificiel?
    Sans compter que les lois n'ont pas fait disparaître le racisme et l'extrême-droite mais les ont seulement réduit relativement au silence mais n'est-ce pas justement avoir mis un silencieux au lieu de traiter le problème sans compter que tous les extrémismes ne sont pas traités de la même manière, certains sont protégés, d'autres tolérés fonction de l'identité de la personne?

    Au total tout ceci n'est-il pas plus le résultat de nos contradictions et hypocrisies?
  • L'image est maintenant donnée, dans toute sa diversité et ses sens profonds. Ne serait-il pas opportun de poursuivre l'analyse auprès d'un échantillon similaire pour explorer plus avant : 1° les attentes exprimées et envers qui; 2° les efforts à consentir soi-même et dans quels domaines.
  • La société belge, comme toute la société occidentale, n'est pas divisée: elle est en plein délitement et disparaît au bénéfice des individus. A cela plusieurs raisons: 1) un fonctionnement qui s'articule sur l'hyper-individualisme, notamment à travers la digitalisation en dehors du groupe ou contre lui; 2) une presse qui abandonne le décryptage pour l'urgence et l'émotion, en libérant sans modération à travers ses espaces de commentaires, comme les réseaux sociaux, une parole sans sur-moi; 3) un monde politique déconnecté du réel qui fonctionne sur lui-même et pour lui-même; 4) un monde oligarchique qui méprise l'opinion publique en la contestant de front ou en passant outre - c'est spécialement le cas de l'Europe; 5) un monde économique où les dirigeants fonctionnent par rapport aux intérêts des actionnaires et les leurs propres, dans une approche mondialisée où le travailleur est devenu une valeur d'ajustement abstraite - et sur lequel le politique n'a plus de prise; 6) un sentiment d'accroissement des injustices sociales où si la lutte des classes existe, "elle est menée par les riches, qui sont occupés à la gagner" (W.Buffet), avec arrogance et ostentation, tandis qu'on est incapable de régler les problèmes de chômage; 6) un modèle où la vie se résume à l'avoir, dans un consumérisme entretenu par une obsolescence fabriquée qui ne peut créer que de l'insatisfaction; 7) la mort du sacré (en occident), des valeurs, fautes qu'elles soient partagées, et des idéologies, depuis la chute du Mur de Berlin. Dans ce contexte, et faute que l'école et la presse ne joue son rôle pédagogique constructif, il est inévitable que le repli sur soi et la recherche de bouc-émissaires faciles soient perçus comme la solution. RESTE A LA PRESSE MAINTENANT, ET SPECIALEMENT LE SOIR ET LA RTBF, APRES CE CONSTAT DESASTREUX, A SOLLICITER LES PROPOSITIONS DE SOLUTIONS AUPRES DES CITOYENS ET A LES ACCOMPAGNER.
  • Je me pose une question. L'enquête publiée par "Le Soir" et la "RTBF", réalisée par Survey&Action évoque les clivages d'une société qui a désigné pour bouc émissaire la communauté musulmane. Mais parle-t-on de la Belgique francophone (Bruxelles/Wallonie) ou les résultats portent-ils sur la Belgique. J'ai de plus en plus le sentiment que ces études et sondages tendent à accroître les divisions dans la mesure où les manchettes de certains médias biaisent sans hésiter l’échantillonnage des personnes interrogées. Je citerai comme exemple, un article très récent concernant les institutions en Belgique. Le titre disait en substance ceci: "Les Belges désavouent leurs institutions et le politique" Mais un tableau synoptique montrait uniquement les résultats pour la Wallonie et Bruxelles. Qu'en pense-t-on en Flandres? Mystère! Quand on parle de société divisée, je crois que la presse porte également une très lourde responsabilité.
  • Qu'entendez-vous par "un pouvoir fort"? Ce n'était pas très bien précisé dans le sondage.
  • Comment s'étonner d'une telle situation?
    Au lieu de dire les choses, d'objectiver courageusement qu'il y a un vrai problème avec 80% des gens issus de l'immigration et de reconnaitre que la population rejette des personnes ne respectant pas ses valeurs et ne payant pas d'impôt, on a caché les choses, refusé de donner les statistiques de la criminalité, des personnes vivant aux crochets des autochtones.
    Taire ces choses, essayer de culpabiliser la population parce que ces gens ne se sont pas intégrés et une ignominie et à créé une rancoeur qui n'est pas près de tomber.
    Les Belges ne sont pas racistes, ils ne supportent plus ceux qui ne les respectent pas et profitent de ce qu'ils ont mis des années à construire.
    Après 25 ans, qu'ont apporté ces gens? Pas grand chose!
  • Une partie du problème provient aussi du fait que la communauté musulmane s'est montrée particulièrement ambiguë dans sa manière de réagir aux attentats terroristes : au mieux une sorte de silence gêné, au pire une certaine satisfaction voire de la joie... C'est vrai que quelques intellectuels musulmans (ou maghrébins laïques) ont magnifiquement réagi mais la majorité de cette population est restée muette...
  • Bonjour, comment expliquer que ces tendances d'opinion largement majoritaires au sein de la population belge ne soient absolument pas reflétées par nos médias? Quand je lis le Soir, on pourrait croire que ces 77% de belges ne se sentant plus chez eux ne sont en fait que des racistes ignorants, des extrémistes qui n'ont rien compris de tout ce que nos médias nous expliquent. Aucun article de journal, aucun reportage ne reflètent ce sentiment largement généralisé au sein de notre population. A en croire les journaux, tout le monde est un grand fan de la société "multiculturelle". Comment expliquez vous ce décalage entre nos journalistes et médias et le sentiment réel de la population? Êtes vous, journalistes sociologues et experts divers, complètement déconnectés du terrain, ou est ce que 77% des belges sont des idiots qui n'ont rien compris?
  • Une chose est claire : cette Belgique a changé et n'est certainement plus aussi douce à vivre que voici 30 ans.
  • Quand je vois ce sondage, j'ai honte d'être belge, je pensais que l'islamophobie et le racisme dataient du siècle dernier et qu'on pourrait avancer sur des sujets plus "importants". Mais non les gens ont la nostalgie d'une époque qu'ils n'ont jamais connue, comme si l'immigration c'était nouveau. Qu'on doive en discuter est d'un ridicule, le repli sur soi voilà le meilleur moyen de revenir au moyen âge, de s'assurer que le situation se dégrade et qu'effectivement un jour muslmans et non-musulmans ne puissent plus vivre ensemble. Faut croire que l'Histoire n'a rien appris aux gens, même si je n'oserai reprendre la comparaison maladroite de Vincent Peillon sur les juifs et les musulmans faut reconnaître qu'il y a des similitudes perceptibles aujourd'hui. Moi qui suit relativement jeune j'ai honte que ma génération puisse ressentir cela, surtout quand on sait qu'on a le cul dans le beurre par rapport à une grande majorité dans ce monde. Faut pas oublier qu'ici on a pas la guerre ni la famine, qu'une grande majorité a la possibilité de se scolariser, de manger à sa faim et d'avoir un toit. Mais on préfère se plaindre et se replier sur sa petite personne parce qu'on a que ça à faire. Alors on se révolte parce que les gens mangent halal et portent le voile ? Qu'est ce que ça peut vous f...On se plaint parce que les musulmans ne dénoncent pas suffisamment le terrorisme? Est ce que j'aurai du prendre un pancarte avec écrit " je ne suis pas pédophile" durant les années Dutroux? Lamentable. Alors qu'on a des sujets plus sérieux à faire avancer quelle perte de temps.
  • Ce n'est pas que la Belgique, c'est toute l'Europe qui va à veau l'eau. Comment ne pas tomber dans le racisme quand il n'y a pas de réaction des musulmans suite aux attentats, en tous cas, seulement d'une extrême minorité d'entre eux. Pourtant il y a aussi des victimes musulmanes. Ont-ils donc si peur d'afficher leurs idées ouvertement? Qu'appelez-vous "un pouvoir fort" ? Ce serait intéressant de développer, je me méfie comme de la peste des pouvoirs forts. Déjà le mot pouvoir m'effraie, alors un pouvoir fort !!! Il y a une certitude en tous cas en Belgique, c'est que nos politiciens et particulièrement ce gouvernement ne travaille pas pour le peuple, mais pour les riches. Et qu'on ne vienne pas me dire le contraire, je ne vois autour de moi qu'une pauvreté grandissante.
  • Le repli sur soi est aussi une conséquence de la misère, quand on est en difficulté financière, on se referme, on ne sort plus, on ne reçoit plus, on n'a plus que de rares contacts.
Alimenté par ScribbleLive Content Marketing Software Platform