Pénurie d'électricité: Marie-Christine Marghem en commission Economie

    Chauds les débats en commission de l’Economie de la Chambre ce mercredi matin ? Ils ont commencé en coulisse déjà. A propos de l’organisation des travaux.
     
    A savoir : Marie-Christine Marghem veut idéalement venir s’expliquer avec, à ses côtés, des représentants d’Elia et d’Electrabel. Problème : la séance dure deux heures, entre 10 h et midi. C’est court. Trop court pour entendre tout le monde ? C’est l’avis du président de la commission, le PS Jean-Marc Delizée . Pour lequel on aura droit à débat d’actualité (questions-réponses), puis, à la fin, à une brève discussion ayant trait à l’audition ultérieurement des représentants d’Elia, d’Electrabel, pourquoi pas du Bureau du Plan. Quand ? Début de semaine prochaine.
     
    Raisonnement : priorité à l’audition de la ministre compétente, une chose à la fois. Du reste, complète-t-on auprès de Jean-Marc Delizée, si la ministre souhaite avoir des experts à ses côtés, elle peut compter dans un premier temps sur son « administration énergie », toute à sa disposition.
    Suivez les débats dès 10h avec Xavier Counasse (@xacoun).
    La ministre @McMarghem sera seule face aux députés. La commission Economie n'a pas souhaité entendre Elia et Electrabel pour réserver les deux heures à la ministre. On n'aura pas encore de chiffres officiels ce matin... #CaDevientLong
    Bonjour à tous. C'est parti pour 2h de commission. C'est la députée CD&V Leen Dierick qui prend la parole la première. Et réclame, aussi vite que possible (même aujourd'hui), l'audition d'Elia, d'Electrabel et du Bureau du Plan. On pensait qu'ils seraient là ce matin. Mais, comme la séance ne dure que deux heures (il y a conférence des présidents à midi), le président Delizée a préféré réservé ce laps de temps à la ministre. Qui a déjà annoncé aux journalistes, avant la séance, qu'elle ne fournirait pas les chiffres officiels, permettant d'objectiver le risque de pénurie. Renvoyant la balle à Elia.
    Tout le monde est d'accord d'organiser l'audition d'Elia, Electrabel et du Bureau du Plan. On parle même de la Creg. Le président de la Commission, Jean-Marc Delizée, va prendre contact avec tout ce petit monde très rapidement. Et tenter d'accorder les agendas.
    On passe à l'audition. Chaque député aura droit à une intervention/interpellation de 5 minutes. Puis la ministre répondra.
    Y'a du monde, en tout cas, dans la salle. Beaucoup de caméras. Tiens, Olivier Maingain et Raoul Hedebouw sont là. On les a pourtant rarement vus en commission Economie....
    Bon, ça démarre par une succession de grandes tirades. Avec quelques questions. "Pourquoi Elia se tait?", demande Jean-Marc Nollet. "Peut-on avoir les chiffres d'Elia", appuie Leen Dierick. Pour l'instant, on attend surtout les réponses de la ministre.
    Beaucoup d'interventions sur la hausse annoncée de la facture électrique. Karine Lalieux (PS) dénonce carrément une hausse totale de la facture de 350 euros par an sous l'ère Marghem (ce qui nous semble exagéré, sous réserve de vérifications). Jean-Marc Nollet enchaîne : "Pouvez-vous prendre l'engagement devant le Parlement que les citoyens n'auront pas à payer pour vos erreurs ?" La ministre a en effet annoncé vouloir faire payer à Electrabel la future hausse des tarfis. Même si on voit mal comment cela serait, juridiquement, possible...
    "Etes vous assurée de la disponibilité du parc nucléaire français?", interroge le député CDH Michel de Lamotte. C'est l'une des clés du problème. Si, au nord du pays, la capacité d'importation devrait être assurée via les Pays-Bas, dans le sud, c'est moins évident. Car lié au destin des réacteurs nucléaires français.
    Raoul Hedebouw rappelle à notre mémoire un extrait de l'accord gouvernemental de 2014. Il faut reconnaître que c'est plutôt drôle. "Le présent gouvernement prend connaissance d’une situation potentiellement problématique en matière de sécurité d’approvisionnement à court terme. Il entend, en concertation avec les Régions, prendre ce problème à bras le corps pour éviter les risques de pénurie d’électricité". Nous sommes en 2018...
    La question est sur toutes les lèvres, même de la majorité : "combien d'heures de pénurie risque-t-on de devoir affronter ?". Après une semaine de tergiversations, ce serait en effet pas mal d'avoir les chiffres du gestionnaire de réseau qui objectivent la situation.
    Il est 11h20, la ministre n'a toujours pas prononcé le moindre mot... La séance se termine à midi...
    La ministre commence son speech par une nouvelle attaque, en règle, envers Electrabel. On en est toujours à chercher des coupables. Après 10 minutes, Marie-Christine Marghem n'a toujours pas proposé de solutions... Ni d'objectivation chiffrée de la situation. "J'ai voulu venir accompagnée d'Elia, vous avez refusé", lance-t-elle au président. Certes, Elia n'est pas là. Mais la ministre ne dispose-t-elle pas de chiffres ? Cela fait quasi une semaine que la sonnette d'alarme est tirée...
    Ca y est. Voici un début de solution. "Sous la pression exercée par le gouvernement, Electrabel a pu contracter en principe 750 MW supplémentaires. Il faut finaliser les détails. Mais le patron m'a envoyé une confirmation écrite hier soir", assure la ministre Marghem.
    Il s'agit donc de capacités qu'Electrabel va acheter, ou retrouver, pour pallier l'absence de ses réacteurs nucléaires. Ces 750 MW se ventilent comme suit : 
    - 250 MW pour le retour de la centrale au gaz de Vilvorde (qu'il faudra réquisitionner si on veut qu'elle soit disponible avant le 15 novembre, car la loi l'empêche de tourner pour l'instant).
    - 100 MW via l'optimisation des centrales classiques d'Electrabel en Belgique (en mettant un peu de gaz dans les unités biomasse, par exemple).
    - 200 MW via des groupes diesels supplémentaires
    - 200 MW via de l'effacement de la demande. "Les discussions sont en cours", nous confirme Electrabel.
     
    "Et nous allons continuer à chercher des MW. Car il y en a encore à trouver", assure la ministre.
    Contactée par la ministre Marghem, la France "n'a pas encore terminé son plan hiver". Et n'est donc pas en mesure, à ce stade, d'estimer les capacités qu'elle sera en mesure de nous exporter dès novembre. "Les discussions entre nos réseaux se poursuivent", assure la ministre.
    Une task force a été mise sur pied, annonce encore Madame Marghem. Composée par Electrabel, la Creg, Elia, et des représentants du cabinet Michel et du cabinet Marghem. Elle se réunira cette après-midi. Et va examiner s'il est possible de "récupérer de la capacité au niveau du parc de production nucléaire d'Electrabel", dixit la libérale. On ne comprend pas bien quel réacteur belge on pourrait redémarrer, à moins de passer outre les recommandations de l'Agence nucléaire (le garant de la sûreté), qui a imposé les travaux en cours.
    La ministre Marghem en profite pour faire un petit débriefing historique. "Le parc actuel de centrales classiques a été négligé. Il y a eu un désinvestissement qui doit être rectifié. Car nous continuons à avoir beosin de production classique". Autrement dit : le renouvelable ne suffit pas. Et elle est où, la dernière unité classique construite dans ce pays ?
    Ce qui est parfois un peu inquiétant/hallucinant dans le discours ministériel, c'est qu'on a l'impression qu'Electrabel a les clés de la sécurité d'approvisionnement du pays. Et pas le gouvernement.
    Dans son discours, la ministre a également souligné le fait que l'absence de réserve stratégique fait disparaître un (léger) surcoût sur la facture des consommateurs. Ce qui est exact. Mais l'augmentation des prix de marché lié au risque de pénurie a un effet bien plus négatif sur les prix, et fera, quoiqu'il arrive, grimper la facture finale (même s'il est très complexe à ce stade de chiffrer cette hausse).
    Bon, au-delà de l'annonce de la création d'une task froce, et des 750 MW supplémentaires (dont 200 MW de gestion de demande et 265 MW de Vilvorde étaient prévisibles), on n'a pas appris grand-chose, lors de cette séance. La ministre a, en grande partie, répété ce qu'elle a dit face à la presse ce lundi.
     

    Chez Marghem, la meilleure défense, c’est l’attaque

    Le Soir PlusLe risque de pénurie est plus grave qu’en 2014, confesse la ministre. Mais elle estime avoir tout fait pour l’éviter. Et accuse l’exploitant Electrabel de tous les maux.
     
    Et on sent quand même que les élections du 14 octobre approchent... La plupart des députés parlent de faire baisser la facture des consommateurs, notamment via une baisse de la TVA à 6%, ou en faisant payer l'exploitant. On voit mal comment cela est finançable et/ou réaliste...
    Ah, le mot de la fin revient au député MR Benoit Friart. "Nous voyons que la situation est sous contrôle". Et "nous vous remercions pour vos explications très claires". Pas de doute, c'est un libéral qui parle. Les partenaires flamands de la majorité se sont, eux, montrés moins enthousiastes.
    Elia et la Creg avaient accepté d'être auditionnés ce mercredi, même durant l'après-midi. Le Bureau du Plan était également disponible jusque 16h30. Mais Electrabel n'était pas disponible cet après-midi. Il a donc été décidé d'auditionner tout ce petit monde en même temps... mardi prochain. Le 2 octobre. Apparemment, les parlementaires ne sont pas pressés d'avoir l'objectivation de la situation par Elia.
    Voilà voilà. Séance levée.
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