Publifin: les auditions de la journée en direct

  • Dernière journée d'audition avant le huis clos
     

    Aujourd’hui, la commission d’enquête sur Publifin doit mener une nouvelle journée d’audition. Celle-ci sera la dernière avant de se retirer à huis clos durant une période de deux semaines afin d’établir un premier pré-rapport.

  • Un programme chargé 
     

    Après avoir entendu Virginie Defrang-Firket (MR) et Didier Hamers (CDH), vice-présidents de Publifin, jeudi 13 avril, c’est au tour des chefs de file liégeois des quatre formations politiques de comparaître ce vendredi.
    On entendra donc, Willy Demeyer (PS), bourgmestre de Liège, Daniel Bacquelaine (MR), actuel ministre fédéral des Pensions, et Dominique Drion (CDH), qui était à la fois président de fédération pour son parti et vice-président de l’intercommunale. Ecolo a désigné l’ancien député régional Christian Noiret pour le représenter à son niveau.

  • André Gilles (PS), président démissionnaire de la députation provinciale et de Publifin, sera aussi de nouveau auditionné ce vendredi. Le Liégeois en sera déjà à son troisième déplacement jusqu’à Namur. Les députés devraient le placer face à des contradictions qui sont apparues au fil des auditions.
  • On attend toujours les chefs de file pour lancer cette journée marathon d'auditions. Notons d'ores et déjà que le planning du jour semble tout bonnement intenable : Willy Demeyer, Daniel Bacquelaine, Christian Noiret, Dominique Drion et  le come-back d'André Gilles. Ca s'annonce rock'n roll...
  • André Gilles et Dominique Drion viennent d'arriver. Suivis de Christian Noiret et Willy Demeyer. On attend toujours Daniel Bacquelaine. Mais la séance du jour démarre ! "Nous approchons déjà les 150 heures d'auditions", entame la présidente Olga Zrihen (PS). On n'a pas vu le temps passer.
  • La présidente commence par rappeler le programme. En gros, après les auditions du jour, les commissaires vont travailler à huis clos pour rédiger un rapport intermédiaire. L'objectif est de boucler ce rapport pour la fin du mois.
  • Willy Demeyer (PS) ouvre le bal. Il commence par se présenter. Futur ex-président de la fédération liégeoise du PS. Futur ex-député fédéral. Avocat honoraire depuis peu. Et, surtout, actuel bourgmestre de la ville de Liège. Un mandat qu'il ne compte pas lâcher.
  • Aucun discours introductif pour Willy Demeyer. "Je suis à la disposition de la commission pour toutes les questions qu'elle a à me poser". Ca a le mérite d'être bref. On passe dès lors directement aux questions des députés wallons.
  • Info coulisses : tous les commissaires sont revenus de vacances pour cette journée d'auditions des ténors liégeois.
  • Willy Demeyer exprime le fait qu'il "ignorait qu'ils [les comités de secteurs] ne se réunissaient pas suffisamment. Avec un tel fixe, on se réunit au moins une fois par mois".
  • Willy Demeyer revient sur la genèse des trois comités de secteur contestés de 2013. "Nous avons mémoire le bon fonctionnement du comité de secteur ALg de 2010", entame Demeyer. Un comité qui avait pour but "d'aider à une fusion difficile (entre Tecteo et l'ALg, NDLR) mais qui était nécessaire", ajoute le maïeur liégeois. Ca, personne ne le conteste.

    Reste à savoir pourquoi avoir triplé le nombre de comités de secteur en juin 2013. Pour le comité de sous-secteur Liège-ville, on comprend. Il a été mis sur pied pour rendre possible la fusion entre Tecteo et Intermosane. Pour les deux autres comités (Energie et télécoms), ça reste flou. "En 2013, des questions étaient posées par les communes et par le personnel". Ces deux comités auraient donc été créés pour "garder un lien", selon Demeyer. "Nous savons qu’ils sont temporaires, pour deux ans. Et c’est bien plus tard que j’apprends leur prolongation, ce qui n’était pas dans l’esprit". Boh. La raison d'être de ces comités reste très floue, et on ne comprend toujours pas leur mission initiale.

  • Willy Demeyer répète son discours sur sa connaissance des comités de secteur. "Nous savions, je savais, que les émoluments (au sein des comités, NDLR) étaient fixes. Et nous les avons laissés ainsi pour deux ans. Au vu de ce qu’il s’est passé, nous aurions peut-être dû modéliser ces comités, c'est-à-dire prévoir un paiement au jeton, prévoir de manière plus contraignante un certain nombre de réunions". Des regrets? "C’est un regret quand on voit le dégât que tout cela a causé par après. Mais étions-nous ceux qui devaient le faire (modéliser) ? Sur l’organisation d’une société, et son fonctionnement, il existe des organes de gestion. On peut se demander si c’est à un responsable politique de s’immiscer dans la gestion", conclut le bourgmestre de Liège. Une façon habile de rejeter la faute sur le conseil d'administration de Publifin, et sur les membres des comités de secteur. Depuis le début, la stratégie des ténors liégeois est la même : rejet la faute -et la concentrer- sur les seconds couteaux qui siégeaient au CA de Publifin et dans les comités contestés.

  • Tiens, Willy Demeyer s'approprie une phrase déjà entendue à maintes reprises dans les rangs de Publifin/Nethys. "Si on ne diversifie pas les activités, les dividendes vont se tarir". Autrement dit, si on se cantonne au métier initial de gestionnaire de réseau gaz/élec ou cablô, les dividendes risquent de disparaître. Cette affirmation -qui suscite l'enthousiasme à Liège- mériterait tout de même d'être un peu plus étayée...

  • Le groupe Publifin/Nethys, c'est "2.000 emplois préservés, et 1.000 crées, avec un centre de décision en Wallonie", dixit Willy Demeyer. "Réglons les dysfonctionnements et la gouvernance, et un bon projet bien expliqué recevra l’adhésion de la population", ajoute le bourgmestre liégeois. De bonnes intentions. Mais il y a des progrès à faire quand on voit la façon (on ne peut moins transparente) dont viennent d'être nommés Pol Heyse et François Fornieri chez Nethys...

  • Sur le salaire de Stéphane Moreau (près d'un million par an). "Je suis partisan d'une relation correcte entre le salaire de l'employé et ouvrier de base et le salaire des responsables les plus importants d'une entreprise. Et c'est dans cet esprit là que j'ai fait la déclaration que j'ai faite à propos du responsable dont vous parlez (Stéphane Moreau, NDLR)". Willy Demeyer tourne un peu autour du pot. Il ne répète pas aussi clairement sa volonté de limiter le salaire de Stéphane Moreau à 290.000 euros par an, comme il l'avait annoncé dans la presse. Mais sa position semble toujours est celle-là. Le bourgmestre de Liège n'aime pas les questions trop ciblées.
  • Demeyer «ignorait que les comités de secteur ne se réunissaient pas assez»
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  • Autre exemple du discours un peu langue de bois de Willy Demeyer. Quand le député Crucke (MR) lui demande si Stéphane Moreau peut rester à la tête de Nethys, il répond. "Sur ce plan-là, et sur ses capacités de gestionnaire, c’est quelqu’un qui a des talents".
    Jean-Luc Crucke retente sa chance. "Est-ce que M. Moreau doit faire un pas de côté ?".
    Réponse plus franche de Willy Demeyer. "Non". Mais le bourgmestre demande "que l’ensemble des conditions de fonctionnement soit précisé, et que la Région wallonne nous donne un cadre bien précis pour poursuivre l’activité". Le libéral ne comprend toujours pas comment Stéphane Moreau peut restaurer l'image de Nethys. Mais tant pis... On en restera là.
  • On le soulignait ce matin encore : André Gilles (ex président de l'intercommunale Publifin), siège aujourd'hui encore chez Nethys (42.000 euros par an, minimum). Ce qui en fait hurler certains. Va-t-il faire un pas de côté ? "Sa présence, au moment où nous sommes, est une présence sous forme de continuité. A ma connaissance, M. Gilles est présent dans Nethys dans l’intérêt du groupe afin d’assurer la continuité en terme de gestion. Mais en juin, ou en septembre, après les conclusions de la commission, nous aurons des recommandations qui seront faites", dixit Willy Demeyer. Bon, ce n'est pas très clair. Mais le bourgmestre semble ouvrir une petite porte à une future démission d'André Gilles. Avec beaucoup de conditionnel...

  • Question précise de Dimitri Fourny (CDH) : pourquoi a-t-on décidé de payer avec des émoluments fixes les membres des comités de secteur contestés. "On a prolongé pour deux ans le fonctionnement d'un comité qui fonctionnait bien, celui de l'ALg", répond Willy Demeyer. Sauf que dans ce comité de secteur ALg (ou gaz), la majorité des membres étaient payés par un jeton de présence... et pas par émolument fixe.
  • Stéphane Moreau, lors de son audition, a affirmé avoir présenté la réorganisation de l'ex Tecteo en une structure à trois étages Publifin/Finanpart/Nethys. Une réorganisation qui a permis de vider complètement l'intercommunale de sa substance, et de la priver de son pouvoir de décision pour tout concentrer en Nethys. "Ai-je été concerté sur la descente des actifs ? Oui. J'ai marqué mon accord sur l’évolution à chaque fois qu’on me l’a demandé", répond très franchement Willy Demeyer. "Et si j’avais des doutes ou des problèmes, j’ai posé des questions et obtenu des réponses".

  • Petit tacle de Willy Demeyer envers les libéraux. Sans les citer une fois de plus. "Faut-il mieux déposer des proposition aujourd'hui ou attendre les conclusions de la commission d'enquête ? Je m'inscris plutôt dans la seconde optique". Le MR wallon a, lui, déjà déposé des propositions pour faire évoluer le groupe (lire Le Soir de ce lundi).
  • Stéphane Hazée (Ecolo) épingle un élément neuf dans le discours de Willy Demeyer : le fait que les trois comités de secteur contestés n'auraient été créés en juin 2013 que pour deux ans. "Pourquoi deux ans ?", s'étonne l'Ecolo. La question est pertinente. Car cette période de deux ans ne correspond pas à une nouvelle échéance électorale. Et, en juin 2013, l'accord de coopération entre Régions n'était pas encore signé (il date du 28 novembre 2013). Autrement dit, il n'était pas encore prévu que Publifin doive se conformer au code de la démocratie locale pour le 1er juillet 2015. La durée de vie de deux ans est donc curieuse.
  • Pour résumer la position de Willy Demeyer (PS). Il assume avoir plaidé pour la création des trois comités de secteur en 2013. Il assume avoir été au courant du principe de rémunération (des émoluments fixes). Mais, selon lui, ces comités étaient utiles. Et il condamne le fait que ces comités n'ont jamais fait leur travail comme ils le devaient. Rappelons toutefois que les présidents des comités de secteur sont venus raconter, lors de leurs audition, qu'ils ne savaient pas trop quelle était la mission initiale de leur comité...
  • Tout ceci, montre bien que le cumul de mandat et diverse fonction sont incompatible, les un ne suivent pas, les autres l'apprennent bien plus tard... Un élu doit se consacré a 100% sur son mandat!

    -Michael
  • A la question de Stéphane Hazée sur le délai de deux ans (lire post précédent), Willy Demeyer n'apporte pas de réponse convaincante. "On me l’a présenté pour deux ans". Point barre. Mais on comprend mal comment Tecteo, à l'époque, aurait pu anticiper la signature d'un accord de coopération entre Régions qui traînait depuis des années... Cette question reste donc ouverte.
  • Notons que Daniel Bacquelaine, patron du MR liégeois et ministre fédéral des Pensions, n'est toujours pas présent dans la salle. Il est pourtant prévu qu'il soit le deuxième à être auditionné. Dominique Drion, Christian Noiret et André Gilles sont eux bel et bien là. Et écoutent attentivement le bourgmestre de Liège.
  • "Vous êtes trop modeste", lâche le PTB Frédéric Gillot à Willy Demeyer à propos de son rôle dans la réorganisation du groupe Publifin/Nethys. "Suis-je modeste? Oui", répond Demeyer. Mais il réexplique son rôle lors de cette réorganisation. "J’ai été sensibilisé à un schéma industriel par André Gilles. Ca m’a été exposé longuement. Et j’ai été convaincu. J’étais heureux de cela ? Peut-être pas. Mais dans un contexte de libéralisation, de baisse des dividendes, j’ai adhéré au modèle, comme j'ai adhéré à la diversification".

  • Le député Puget assimile systématiquement l'entreprise Nethys à du privé. Mais l'entreprise n'est pas privée... Il s'agit certes d'une filiale de droit privé de Finanpart, elle-même filiale de l'intercommunale Publifin... Mais, à tous les étages, les capitaux sont 100% publics.
  • Willy Demeyer hausse le ton. "A côté des problèmes dont nous parlons, que je ne minimise pas et que nous devons régler, c'est (l'aventure Publifin, NDLR) une réussite. Rendez-nous justice, il y a une réussite économique. Ce qu'on a fait là, ce qu'on a développé là, il y a des effets positifs. Et je l'assume".
  • Tiens, Willy Demeyer explique au passage que, lui aussi, exerce un mandat à titre privé. Son mandat d'administrateur chez Ethias Droit Commun. On n'a pas bien compris pourquoi il est considéré comme "privé", mais soit. Ce que le bourgmestre voulait rappeler, par cet exemple personnel, c'est "qu'il y en a partout", des mandats privés (donc pas que chez Nethys). "Et nous avons décidé de les faire rentrer dans le maximum de ce que l'on peut percevoir". Willy Demeyer a donc demandé à ne plus être rémunéré chez Ethias Droit Commun.
    par Xavier Counasse (Le Soir) édité par Le Soir 4/14/2017 10:45:30 AM
  • Question de Stéphane Hazée sur les nouvelles nominations de Pol Heyse et François Fornieri chez Nethys. "Dans mon esprit nous sommes là dans une étape transitoire, en attendant le moment de vos conclusions et de l'audit du gouvernement wallon", répond Willy Demeyer (André Gilles, assis juste devant nous, opine gaiement du chef). 
    Le bourgmestre de Liège admet tout de même qu'il a "été informé des décisions qui allaient être proposées, un peu avant qu'elles ne soient prises". Soit des nouvelles nominations. Donc chez Nethys, société de droit privé, on n'informe pas les actionnaires des nouvelles nominations. On ne leur demande même plus leur avis. Mais on prévient le président de la fédération liégeoise du PS... qui explique depuis trois heures qu'il refuse de s'immiscer dans la gestion de la société. C'est plutôt original, comme situation. Ca illustre en tout cas à quel point la société Nethys reste fortement politisée.
    par Xavier Counasse (Le Soir) édité par Le Soir 4/14/2017 10:57:10 AM
  • A-t-on demandé les émoluments que touchait WD chez Ethias DC

    -Nancy
  • On n'a toujours pas de cadastre de tous les mandats publics et privés des parlementaires... Seul, le fisc le connaît ?

    -Nancy
  • Après trois heures d'audition, place à un peu d'humour. Dimitri Fourny (CDH) fait la liste des reproches qu'il adresse aux membres peu actifs -voire inactifs- des comités de secteur. Et Willy Demeyer l'interrompt. "Il y en a même qui ont travaillé". Rires.
  • Et l'audition de Willy Demeyer s'arrête là-dessus. Elle a duré trois heures.
    Faisons un bref calcul. Il reste 4 auditions (dont trois gros poissons). Quelques pauses alimentaires. A ce rythme-là, on est parti jusque 1h du matin. Au minimum.
    Si vous aviez des plans pour votre vendredi soir, annulez tout. Il y aura André Gilles en nocturne à Namur...
  • Bon, Willy Demeyer s'était déjà pas mal exprimé dans les médias avant son audition. Et il faut avouer qu'on n'a pas appris grand-chose ce matin. Si ce n'est le fait que les comités de secteur avaient, en 2013, été conçus pour deux ans, de manière temporaire. Sans que l'on comprenne d'où sorte cette échéance de deux ans...
  • Petite pause midi pour les députés. On reprend officiellement à 13h30. Autrement dit 13h45 pour les habitués de la commission d'enquête. A toute à l'heure.
  • On reprend. Et Daniel Bacquelaine est bien arrivé. C'est à son tour de se faire cuisiner par la commission d'enquête.
  • Daniel Bacquelaine (MR) entame en livrant sa vision des comités de secteur. Il est absolument sur la même ligne que Willy Demeyer (PS), auditionné précédemment. "Le concept des comités de secteur est, en tant que tel, intéressant. Parce qu’il permet d’associer davantage de communes. De les associer de manière très concrète. Et de les impliquer plus dans la gestion opérationnelle". Il affirme que le comité de secteur gaz (ALg), créé en 2010, a très bien fonctionné. C'est en 2013 que tout est parti en vrille...
    par Xavier Counasse (Le Soir) édité par Le Soir 4/14/2017 12:06:04 PM
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